‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 156 sur 245 · LIVRE IVe. — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE IVe. — CHAPITRE VII

et de vie, avec la faculté de sentir, et cette autre faculté plus haute qu'on appelle instinct dans les animaux. Mais il offre de plus un nouveau progrès de l'intelligence et de l'amour. Au-delà de l'instinct apparoît la raison qui le domine, qui joint à la perception du réel celle du vrai, combine les idées perçues, et développe, par sa puissance propre, la notion qu'elle saisit de l'Être en soi, infini, absolu.

L'amour aussi, en se développant, produit non plus seulement l'unité vitale individuelle , mais l'unité intellective, sans laquelle nulle raison, et l'unité sans bornes, qu'on peut appeler collective ou sociale. De même que la perception, cessant d'avoir le réel pour seul objet, est devenue idée, la sensation devient sentiment, et la force de plus en plus dépendante, obéit à des lois nouvelles, aux lois morales de l'intelligence et de l'amour.

L'homme se connoît, il connoit les autres êtres et leur principe premier, et ces connoissances diverses se réfléchissent et se concentrent dans le moi qu i le constitue personnellement. Il est, et il sait qu'il est et ce qu'il est : sa substance a la conscience d'elle-même et de ses modifications. Cette conscience est le mot nécessairement un. En tant qu'il perçoit, le moi est passif; car il n'est alors relatif qu'à l'intelligence et à l'amour, c'est-à-dire qu'il n'est que l'appréhension, la science interne et immédiate de l'état auquel les

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propriétés existent dans la substance, laconnoissance intime et le sentiment qu'elle a de soi. Mais puisque le moi , point central de l'être , appartient à la substance à laquelle la force essentiellement active est inhérente, le moi, passif à certains égards, est en même temps , par sa nature , actif à d'autres égards.

Considéré généralement, le principe d'activité individuelle peut exister et existe en effet à plusieurs états divers. Dans la plante il est soumis aux lois d'affinité et d'appétence ; dans l'animal, aux lois de la sympathie, de la sensibilité et de l'instinct, lois nécessitantes, puisque l'Etre non pensant n'a ni ne peut avoir en soi aucune cause de détermination différente de celle qui, à chaque moment donné, agit sur lui physiquement , et sans qu'il puisse l'empêcher d'agir.

Mais, dans Fêtre proprement intelligent, le principe d'activité trouve dans la raison une nouvelle cause déterminante. Il devient volonté, et la volonté est libre, car la liberté ne sauroit être conçue que comme une activité éclairée.

Les rapports dont se compose l'unité organique peuvent être ou réguliers ou troublés ; en d'autres termes, il peut y avoir ordre ou désordre dans l'organisme, c'est-à-dire que l'intelligence , la forme peut y être à deux états, à l'état de santé et à l'état

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