LIVRE IVe. — CHAPITRE I3t
mondes, que leur nature diffère de la nôtre. Leur existence admise, on ne sauroit douter qu'ils n'exercent une action régulière sur l'univers et ses phénomènes, puisque l'homme en exerce une pareille dans la sphère terrestre de son activité ; et comme l'action de l'homme, subordonnée aux lois des mondes organique et inorganique, n'altère en aucune façon ces lois immuables, l'action des créatures plus élevées que l'homme ne les altère pas davantage, et se réduit à en diriger les effets à certaines fins déterminées par les lois propres des êtres intelligents et libres.
A défaut de preuves directes , l'induction dont nul ne conteste la valeur philosophique , justifie donc les vues instinctives du genre humain. Il est au moins très-difficile de se persuader que la série générale des êtres ne contienne qu'un seul terme à partir du point où commencent la pensée et la liberté : et si elle en contient plusieurs , il est certain que cette nouvelle classe d'êtres a , dans le tout , des fonctions relatives à ce qui la spécifie, ou qu'au dessus de la nature brute et de la nature purement organique, des forces intelligentes concourent par leur action à l'ordre universel.
Cependant , pour que l'enchaînement principal des idées , indépendant de l'analogie même , conserve toute sa rigueur , il est bon de montrer que , quoi qu'il en soit de l'action présumée d'intelli-