LIVRE IVe. — CHAPITRE IX. £SÔ
nuelles impressions qui impliquent le mouvement, et si d'autres mouvements indépendants de son activité spontanée, ne s'accomplissoient pas au-dedans de lui. La faculté de produire le mouvement en certaines circonstances , ou la spontanéité des êtres purement organiques , ne suffit donc pas pour rendre raison de l'existence du mouvement dans l'univers. Il faut remonter nécessairement jusqu'à la spontanéité libre ou à la volonté intelligente.
Or l'intelligence consiste dans la connoissance du vrai , c'est-à-dire du nécessaire , de ce qui subsiste immuablement sans aucune condition de variabilité ni de contingence. En outre , une volonté intelligente devroit trouver le principe de sa détermination , non dans le réel , puisqu'il ne pourroit affecter que l'organisme, et que pour l'affecter il faudroit qu'il fût déjà doué de mouvement; mais dans le vrai , le nécessaire , qui , par ses rapports avec l'être voulant et intelligent, le constitue ce qu'il est.
Uue volonté intelligente est donc la cause première du mouvement dans l'univers ; et puisqu'elle n'a pu agir qu'en tant qu'intelligente , elle n'a pu agir que selon les lois éternelles du vrai , ni agir que librement , puisque la liberté est l'inaliénable apanage de l'intelligence.
L'action continuée de cette volonté est ce qu'on
£60 lfe PARTIE. — DE DIEU ET DE L'UNIVERS.
appelle Providence , et par elle seule nous comprenons , je ne dirai pas uniquement comment le mouvement a pu commencer, mais comment, à son origine , il a pu recevoir une direction déterminée , particulièrement dans ces corps immenses qui flottent au sein de l'espace , et dans le système céleste entier.
Les innombrables mouvements partiels qui se coordonnent à ces grands .mouvements et qui en dépendent en partie, s'accomplissent en vertu des mêmes lois , et forment par leurs relations harmoniques , que déterminent les lois éternelles des essences, l'équilibre de l'univers.