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CHAPITRE PREMIER

YUE GENERALE DE LA CREATION ET DE SES LOIS , CONSIDÉRÉES DANS LES PRINCIPES COMMUNS A TOUS LES ÊTRES.

Dans la variété infinie des modifications diverses que peut subir la substance essentiellement une , selon les combinaisons particulières et les degrés de développement des propriétés qui lui sont inhérentes , on découvre aisément certains phénomènes généraux, correspondants à certaines lois également générales d'où dérivent toutes les lois secondaires des êtres. Car tout être , quel qu'il soit , n'est jamais et ne peut être qu'un résultat de la force , de l'intelligence et de l'amour existants dans la sub-

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stance à un certain état et dans certains rapports déterminés.

La force, identique dans tous les êtres, produit au dehors les formes diverses par un développement dont le dernier terme seroit la forme universelle ou infinie. Expansive par son essence , sa loi première est de tendre sans cesse à réaliser l'immensité par l'extension de l'espace , c'est-à-dire , à identifier la Création avec Dieu. Mais , comme une production indéterminée est contradictoire, la force est soumise dans son action aux lois de l'intelligence ou de la forme , et les formes qu'elle produit en se développant, s'enchaînent les unes aux autres, selon les lois de l'ordre ou de l'unité : car l'unité absolue et l'ordre parfait sont identiques.

Le développement complet de la force , qui lutte sans cesse contre la limite et sans cesse tend à la reculer , ramenant cette limite à ce qu'elle a d'essentiel en Dieu , elle ne seroit plus que la simple distinction : d'où résulteroit l'unité absolue de la forme. Aucune forme particulière ne pouvant en effet avoir d'existence réelle hors du souverain Être que par la limite qui la circonscrit , cette limite ôtée , il ne resteroit plus de toutes les formes particulières actuellement existantes que leurs idées, leurs types primitifs , dont l'ensemble infini constitue la forme universelle ou j'Intelligepce divine cjue.

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