TOMBI
290 Ire PARTIE. — DE DIEU ET DE L'UNIVERS.
éléments qui , par^ leur essence , appartiennent au monde inorganique.
Ici nous devons faire observer que la manifestation étant le moyen de la perception, ce qui la rend possible, elle implique finalement la perception comme son terme. D'où eette conséquence , que , dans Tordre général des choses , le monde inférieur des êtres inorganiques implique les mondes supérieurs des êtres organiques et des êtres intelligents , sans quoi il manqueroit de son complément harmonique. Car si , dans le monde des corps dépourvus d'organisation et d'individualité , il existe des manifestations analogues à sa nature , il n'y existe point de perceptions : et nulle manifestation n'est complète que pour les êtres capables de connoître, et au degré où ils peuvent connoître. Qui dit, en effet, manifestation, dans la rigueur du mot, dit trois choses , un objet manifesté , un moyen par lequel il est manifesté, et un sujet capable de percevoir cette manifestation ou capable de connoitre.
À cet égard , les êtres organiques tiennent une sorte de milieu entre les êtres inorganiques et les êtres proprement intelligents. Considérés en général , ils possèdent la faculté de percevoir, mais en de certaines bornes qui sont celles du réel ; car, du reste, privés d'idées ou séparés du vrai immuablement voilé pour eux , ils manquent du sens interne