‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 185 sur 245 · LIVRE Ve. — CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE Ve. — CHAPITRE VIII

par lequel &e perçoit la lumière qui , manifestant l'unité absolue ou l'Être infini, éclaire l'éternelle région des essences. Ils n'ont de relations perçues d'eux qu'avec l'univers phénoménal , ce qui néanmoins suffit déjà pour établir réellement , quoiqu'incomplètement, le rapport naturel entre la manifestation et son terme final.

De là , en traitant des manifestations de l'intelligence dans le monde organique, la nécessité de distinguer la manifestation elle-même de la perception qu'elle produit, et de parler de l'une et de l'autre. Or, tout être individuellement un, et possédant un principe d'activité spontanée , a nécessairement aussi, avec la conscience plus ou moins claire, ou plus ou moins obscure de soi , une lumière interne qui dirige ses actes, qui le manifeste à luimême, et lui manifeste ses rapports avec les êtres extérieurs à lui. L'élément de la connoissance existe donc dans l'animal, et même dans la plante, à un plus bas degré. Mais cette connoissance , rigoureusement circonscrite, comme nous l'avons dit, dans les limites du monde phénoménal , et , en ce qu'elle a de plus élevé , n'étant encore que la perception du réel, vient successivement se confondre avec la simple sensation de plus en plus foible et obtuse , à mesure que les êtres de cet ordre se rapprochent du monde inorganique. Que si , dans une acception qui

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embrasse l'universalité de ces êtres , depuis la plante la moins complexe jusqu'à l'animal le plus parfait , nous appelons instinct l'ensemble de ces manifestations et de ces perceptions internes , l'instinct , en ce sens, sera la lumière à l'état spécial où elle apparoît dans le monde organique , et cette lumière , perçue par nous , est celle aussi qui nous révèle l'intelligence sous les conditions où elle existe dans ce monde.

Dans le végétal comme dans certains genres d'animaux inférieurs , dépourvus entièrement , ou presque entièrement d'organes des sens, et par conséquent privés , au même degré , de rapports perçus d'eux avec le monde extérieur, l'instinct, uniquement relatif à l'acte interne de la nutrition, ne sauroit dèslors se manifester directement que par cet acte même, très-difficile à saisir en soi , et plus encore dans ses différences distinctives d'espèce à espèce. C'est pourquoi nous savons si peu de chose sur ce qui constitue la nature intime de chacun de ces êtres , qu'aussi sommes-nous à-peu-près réduits à classer par des caractères tirés de leurs rapports avec l'étendue ou de leurs formes externes.

Dans les êtres supérieurs l'intelligence se manifeste par le geste ou le mouvement expressif , analogue à la cause interne et spontanée qui le détermine. Elle s'y manifeste encore , ainsi que dans le

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