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CHAPITRE IX

DES MANIFESTATIONS DE i/lNTELLIGENCE DANS LE TROISIÈME ORDRE d'ÉTRES.

Quoiqu'on ne puisse assigner , dans la chaîne générale des êtres , le point précis où finit un ordre et où un autre ordre commence , ces ordres divers ne laissent pas d'être séparés par des caractères non seulement distincts , mais absolus. Ainsi l'individualité organique et la personnalité intelligente comparées entre elles et au mode d'existence des corps bruts , ne forment pas de simples nuances d'un même état , mais constituent des états respectivement spécifiés par des différences radicales. La raison de cette contradiction apparente est qu'en ce qu'ils ont de physique et d'observable par les sens, les êtres en effet se développent sous l'influence de lois toujours unes , et dès-lors suivant des séries dont chaque terme est étroitement lié au terme précédent. Or, il n'en est pas ainsi des modes d'être , et quoique chacun d'eux ait aussi son indispensable condition physique , il» m distinguent

les uns des autres par quelque chose d'indépendant de l'organisation et de rigoureusement déterminé. La puissance de percevoir l'infini ou le vrai,, et celle de percevoir seulement le fini ou le réel, incommensurables entre elles, établissent entre l'être qui ne possède que celle-ci et l'être qui possède de plus celle-là , une séparation profonde ; et cependant si l'on compare , sous le simple rapport de l'organisation , deux êtres aussi dissemblables , on pourra ne découvrir entre eux que des différences à peine sensibles , parce que la différence des natures , qui affecte l'être radical , ne correspond point , ni ne sauroit correspondre à une différence , pour parler de la sorte , proportionnée d'organisation , sans quoi l'organisation dépendrôit de divers ordres de lois , qui , n'offrant rien de continu, rien même d'analogiquement lié, formeroient autant de mondes organiques essentiellement divers aussi. Une simple extension du système nerveux , évidemment n'est pas la cause efficiente de la pensée ou de l'aperception de Dieu , quoiqu'elle en soif pour l'homme ici-bas une condition accessoire , relative à son mode d'existence corporelle. Dans une autre sphère , l'organe de la vue , condition physique de la vision , a les siennes propres dans le progrès normal de l'organisme , qui s'accomplit par des degrés non interrompus de déve«*

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