LIVRE VIe. — CHAPITRE 1er
stitue telle individualité actuelle, ne sauroit être communiqué. Car, pour qu'il fût communicable , il faudroit que l'individualité le fût également, c'està-dire , qu'on pût tout ensemble être soi et un autre, être soi et n'être pas soi , l'individualité étant indivisible. Mais , si l'organisme est essentiellement incommunicable, les éléments de l'organisme, comme les éléments des corps bruts dans le monde inférieur, sont communiqués perpétuellement , et nul être organique ne se développe et ne se conserve qu'à l'aide de ces éléments qu'il reçoit sans cesse, pour les rendre ensuite modifiés selon la nature de son organisme propre. Et la communication de la vie, également universelle , se manifeste par la communication de la chaleur continuellement reçue et donnée.
Ici , comme dans le monde inorganique , la diversité des natures règle ces communications suivant certaines lois qui déterminent des tendances particulières, lesquelles aussi convergent dans une tendance générale vers l'unité.
Ainsi la communication de la force, liant, sous ce rapport , les êtres aux êtres et les mondes aux mondes , établit l'harmonie des mouvements qui se résument , pour chaque globe voguant au sein de l'espace , dans son mouvement total , élément lui~ même du mouvement W et général de l'univers.
330 lr* PARTIE. — DE DIEU ET DE L'UNIVERS.
Les communications relatives à la forme produisent cette série ascendante des êtres , dans laquelle chaque être , à mesure qu'il y occupe un rang plus élevé , résume les formes inférieures et les ramène à son unité; d'où ces groupes innombrables, centres réels d'organisation, auxquels se coordonnent les natures moins parfaites , et qui , coordonnés pareillement entre eux, aboutissent aussi à d'autres centres , ou vont se résumer en des natures supérieures encore, par une tendance de plus en plus visible vers l'unité de la forme infinie.
La communication de la vie entre tous les êtres terrestres constitue également comme une sorte d'unité vitale, qui, avec d'autres unités semblables formées, selon les mêmes lois , dans les mondes divers , tend vers un centre plus général , et enfin vers le centre de la vie infinie , vers Dieu , de qui toute vie découle.
Les familles, les espèces, les genres sont, dans le monde organique , comme autant de centres particuliers de ces communications perpétuelles , et l'ensemble des êtres vivants qui existent sur la terre, est comme un élément de la grande unité vitale à laquelle ces êtres participent, chacun selon sa nature propre; et, de même que chaque monde a dans l'univers un centre d'attraction vers lequel il gravite, il a aussi un centre de lumière et de chaleur.