‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 207 sur 245 · LIVRE VIe. — - CHAPITRE Ier · texte numérisé non relu

LIVRE VIe. — - CHAPITRE Ier

où toutes les communications de cet ordre aboutissent, jusqu'à ce qu'elles viennent se réunir et se confondre dans le'centre un et infini.

De semblables communications subsistent aussi perpétuellement entre les intelligences libres. Elles se communiquent, dans cet ordre supérieur, la force , l'intelligence , l'amour ou la vie ; et ces communications réciproques, quoiqu'elles ne soient pas actuellement aperçues de tous ceux qui y participent, existent, non-seulement entre les hommes, mais entre tous les êtres intelligents et libres , et c'est par elles que s'établit, par elles que se conserve et se développe la société nécessairement une et universelle, fondée sur la connoissance du vrai et l'amour du bien.

Ici encore la tendance commune vers l'unité se compose de tendances particulières vers certains centres particuliers, la famille, la cité, sur la terre, lesquelles se résolvent dans l'unité du genre humain. Chaque monde analogue au nôtre forme autant d'unités semblables, qui plus haut se confondent dans les centres plus généraux, représentés par les différents ordres d'êtres moins limités , dont l'analogie philosophique, d'accord avec la tradition, nous porte à admettre l'existence ; de sorte que , toujours se généralisant, ces tendances diverses viennent

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enfin se réunir et se confondre dans la tendance une et universelle des intelligences vers Dieu.

Ces continuelles communications des êtres entre eux , d'où résulte l'unité de la Création , produisent tous les changements qui s'opèrent dans l'univers , et par conséquent elles renferment toutes les lois générales de la Nature , les lois de la force et du mouvement , de la forme manifestée par l'étendue figurée , du calorique et de l'attraction dans le monde inorganique ; les lois de l'activité spontanée, de l'organisme et de la vie dans le monde organique ; les lois de la force libre , de la pensée et de l'amour dans le monde des êtres intelligents : et ces lois s'enchaînant comme les êtres mêmes , et tendant à s'unir dans la loi une de l'Être infini, forment, dans leur ensemble , la législation universelle de l'immense société des êtres dont Dieu est le monarque ; car tous sont soumis à cette divine législation, bien que tous ne la connoissent pas, et le privilège des plus élevés est d'y obéir librement.

Mais, pour mieux comprendre cette grande unité de l'univers , laquelle se réalise par la perpétuelle communication des propriétés constitutives de Têtre, de sorte que chaque être donne et reçoit à chaque instant , et que les différents ordres d'êtres se pénètrent , pour ainsi dire , sans que leur caractère distïnetif eu soit altéré , il convient ds considérer d'un

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