LIVRE VI*. « CHAPITRE Ie*. 3S
tend à tout unir, et de là, pour user de ce mot, comme une vaste hiérarchie de centres , d'où la force , l'intelligence et la vie se distribuent dans l'univers , et où elles reviennent aboutir pour former l'unité totale : flux et reflux perpétuel de l'être, qui part de l'Etre infini, et retourne à l'Etre infini.
Au-dessous de lui apparoissent d'abord les puissantes natures, dont les divers ordres harmoniquement liés forment, avec les intelligences inférieures, une société réelle, quoique inconnue de nous dans ses moyens immédiats. Elles leur communiquent , suivant des lois inconnues aussi , la force , la lumière , la vie, qu'elles reçoivent de Dieu; et comme rien n'est isolé dans la Création , que tout s'y enchaîne étroitement, on nesauroit guère douter que ces natures, pour ainsi parler, souveraines, n'exercent sur l'univers physique une domination semblable à celle que l'homme même exerce dans une sphère plus restreinte, mais qui s'élargit à mesure que se développe son intelligence. Quelle que puisse être, au reste , leur action sur les mondes et les systèmes de mondes où elles ont leur demeure, les lois propres de ceux-ci, lois nécessaires, lois immuables, n'en sont aucunement altérées. Chacun de ces systèmes a son monde central , source permanente de force, de lumière et de vie pour les mondes subordonnés. Subsistantes à leur état le plus parfait dans
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les êtres intelligents et libres , elles descendent de cette haute région dans celle des êtres dépourvus de liberté et d'intelligence , pour y produire, à leur second état, l'organisme et ses phénomènes. Elles descendent encore , et vont se perdre , à leur troisième état, aux dernières limites de la nature inorganique.