‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 221 sur 245 · LIVRE VIe. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE VIe. — CHAPITRE IV

composés le remplacent. La nature expansive de la force , qui pénètre et soutient tout dans l'univers , y maintient tout aussi dans un perpétuel mouvement; car le repos n'est que relatif, et chaque être participe au mouvement de l'ensemble. De là les lors de communication de la force , lois intimes à tous les êtres , et qu'il faut bien se garder de réduire au mode particulier de communication de la force par le choc, qui n'est lui-même qu'un fait secondaire , une manifestation de la cause universelle dans un cas spécial donné. Il n'est point de corps qui ne cède aux autres corps une partie de sa force propre , et à qui les autres corps ne cèdent aussi une partie de la leur , sans quoi le mouvement seroit impossible. On est donc conduit encore, sous ce point de vue , à se représenter la force , dans le monde physique , comme un fluide élémentaire , premier , universel , dont l'action , en ce qu'elle a d'intime , étant indépendante de la limite ou de la matière , échappe à nos sens , qui ne peuvent la saisir que dans ses effets , de plus en plus obscurs pour eux , à mesure qu'ils se rapprochent de leur source. Ainsi nous observons un ordre d'effets , lesquels impliquent une cause spéciale qu'on a désignée sous le nom d'électricité , cause, du reste, inconnue en soi, quoique la sphère de son influence s'élargisse chaque jour devant

5G0 lre PARTIE. — DE DIEU ET DE L'UNIVERS.

nous. Nous la retrouvons partout et partout la même , dans l'atome comme dans le globe qui voyage à travers l'espace , partout se manifestant sous les conditions qui caractérisent les fluides , pénétrant jusque dans les dernières profondeurs des êtres , et coopérant par son efficace à tous les changements qui surviennent en eux. Or l'action de ce fluide sans cesse communiqué , reçu , donné , n'est que l'invisible action de la force , sans laquelle rien ne se développeroit , ni rien n'existeroit.

Le principe de la forme , manifesté par la lumière et qui en constitue l'essence , circule également sans interruption dans la Nature , présent , inhérent à la substance une , qu'il pénètre intimement , comme la force la pénètre. Semence universelle des êtres , il contient en soi toutes les formes particulières, et prête à chacune son efficacité essentielle , de sorte qu'en vertu de cette efficacité elles se développent successivement , ainsi que le germe dans la terre, sitôt que les circonstances extérieures, liées aux lois générales du tout , rendent ce développement possible.

Tout être , en effet , résulte de la combinaison de formes plus simples , éléments de la sienne , qui les unit et se les assimile en les soumettant à ses lois spéciales. Et cela est vrai des êtres organiques , aussi bien que des corps bruts. Ceux*

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