LIVRE Tl#, — CHAPITRE IV
ci , en ce qui touche uniquement la forme , se composent d'éléments étendus diversement figurés , et , dans ce qu'ils ont de plus intime , des affinités spécifiques de ces éléments divers ou de ce qui constitue leur principe non étendu , leur nature radicale ; affinités qui deviennent , en se combinant dans le corps complexe qui les suppose nécessairement , l'affinité propre de ce corps. Les êtres organiques se composent également de la combinaison, dans une seule nature plus parfaite , des natures inférieures qui en sont comme les éléments; de sorte que , ces natures demeurant spécifiquement différentes et inaltérables en soi , on a pu avec une exacte vérité , considérer la série ascendante des êtres organiques , comme le développement graduel d'un seul être , renfermant tous les autres dans son type complet , quoique cette manière de se représenter l'enchaînement et la communication, des formes, soit plutôt une vive et juste image de l'unité de cette classe d'êtres, que l'expression rigoureuse de cette unité , laquelle n'a rien de plus réel que la variété elle-même. Chaque forme existe en soi , est exclusivement soi , ne sauroit devenir une autre forme , car en perdant ce qui la spécifie , ce qui la caractérise individuellement , elle perdroit tout son être. Nier l'immutabilité absolue des formes , cç seroit nier radicalement la
362 Ire PARTIE. — DE DIEU ET DE L'UNIVERS.
forme même. Seulement elles ont entre elles des relations qui leur permettent de se combiner , et qui ramènent à l'unité leurs variétés innombrables. Les formes élémentaires se lient les unes aux autres dans un être complexe , comme les idées se lient dans le discours , sans se confondre , sans s'absorber mutuellement : elles y subsistent unies , mais distinctes et indestructibles.
D'après ce qui précède , on comprend que les formes , immuables en soi , sont incessamment communiquées dans leurs éléments étendus , et plus encore dans leur principe essentiel qui constitue la nature intime des êtres ; et ce principe essentiel se manifeste dans le monde physique qu'il pénètre tout entier, par le fluide appelé lumière, fluide premier , universel , inhérent , comme une de leurs parties intégrantes , aux corps qui manqueroient sans lui d'une condition indispensable de l'existence , et dont la perpétuelle action , dans leur composition et leur décomposition , indique les communications perpétuelles de la forme , aliment nécessaire de tout ce qui est.
Le feu primordial , principe d'union et de vie , anime aussi l'univers entier qu'il pénètre comme la lumière ou comme le principe de la forme qu'elle contient et qu'elle manifeste sous des conditions matérielles. Dans ses relations avec les corps