‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 236 sur 245 · LIVRE VIe. — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VIe. — CHAPITRE VII

dans son unité les types immuables des formes diverses que la substance peut recevoir hors de lui, en la supposant modifiée par une limite effective. Et comme ces formes diverses constituent à la fois dans leur ensemble et la forme une , infinie, éternelle, qui détermine Dieu, et le modèle, l'exemplaire perpétuellement subsistant en lui de la Création , il s'ensuit que la Création n'est elle-même que la manifestation extérieure de Dieu, manifestation toujours actuellement incomplète, puisqu'elle est toujours actuellement finie, mais qui, sans cesse aussi plus parfaite, tend à reproduire au dehors, sous les conditions de la réalité substantielle, l'union du fini et de l'infini, telle qu'elle existe de toute éternité dans l'Etre absolu. Il n'a pu, en créant, vouloir faire que ce qu'il a fait : or, évidemment il n'a fait que se manifester lui-même, qu'imprimer, au moyen de la limite , à sa substance, une modification correspondante aux types éternels inhérents à sa propre forme, afin que, réalisés individuellement, ils en fussent comme une foible et partielle image au sein de l'espace et du temps, d'où, par un mouvement progressif et sans terme possible , ils remontent , pour ainsi parler, incessamment vers l'immensité et l'éternité, aspirant à se rapprocher toujours et toujours plus de leur immuable principe.

Manifester Dieu au dehors , telle est donc la fin

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générale de la Création, et telle est aussi, par conséquent, la fin particulière de chaque être. Or, dans sou primitif exemplaire que le Verbe éternellement renferme en soi, la Création étant une comme le Verbe même, il s'ensuit que les êtres doivent être réalisés suivant une loi d'unité qui , les enchaînant étroitement les uns aux autres, reproduise, autant que le permettent les conditions nécessaires de toute existence créée, l'exemplaire divin. Delà les lois secondaires dont nous venons de parler, des communications des êtres , de leur conservation et de leur développement, soit individuel, soit commun; car la Création n'est une qu'en vertu de ces communications intimes et permanentes, de même qu'elle ne peut tendre vers sa fin générale que par un développement qui ne s'arrête jamais.

Mais , bien que tous les êtres participent à ce développement selon leur nature , et soient par leur développement particulier comme les éléments du développement universel , tous néanmoins n'y participent pas au même degré ni de la même manière, c'est-à-dire , que les propriétés générales de l'être subsistent constamment dans l'univers aux trois états qui constituent les différents ordres d'êtres dont se compose la Création , savoir , les êtres inorganiques , les êtres organiques , et les êtres libres et intelligents. Or ces deux premiers ordres d'êtres

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