‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 240 sur 245 · LIVRE VIe. — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VIe. — CHAPITRE VII

dont Dieu est la source, et qui est Dieu même ; car le bien c'est l'être, et le bien infini c'est l'Être infini. Tout être, par cela seul qu'il est, est donc associé à la possession de ce bien, à l'incompréhensible félicité de Celui qui est. La Création, dans son ensemble, se rapproche de lui toujours davantage par un développement toujours plus complet, une unité toujours plus intime, plus grande ; et chaque être particulier , coopérant à ce développement , coopère aussi à cette unité au sein de laquelle il jouit, selon sa nature, du bien que possède le tout dont il est un des éléments. Nous avons en nous, sous ce rapport, une sorte d'image de l'univers. Que de formes diverses implique notre organisme, où, liées l'une à l'autre, elles concourent à la formation d'un tout à la fois complexe et un. Or, de ces formes, en est-il une seule qui ne participe d'une certaine manière aux perfectionnements progressifs de ce tout, qui ne recueille, pour ainsi parler, sa portion du bien qu'actuellement il possède, qui n'en jouisse, comme elle en peut jouir , dans l'unité qui constitue l'homme ?

Ainsi l'acte divin dont l'univers est le terme , a pour fin directe et première la glorification extérieure de Dieu , et dans une félicité qui, infinie, ne sauroit dès-lors jamais diminuer, jamais s'accroître dans le sens humain de ce mot, la complaisance intome i. 26

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terne, l'inénarrable joie attachée à l'exercice de la puissance, à la manifestation du vrai et du beau, à l'effusion de la vie. Et de cette fin première découle une autre fin immédiatement relative à l'œuvre même du Créateur : car, destinée en quelque façon à le reproduire sous les conditions du fini ou de l'espace et du temps, elle aspire à s'identifier avec lui, elle tend vers lui d'un mouvement éternel, elle s'approche incessamment de lui par une continuelle expansion dans l'immensité, par la croissante production de formes nouvelles qui , de plus en plus parfaites, s'enchaînent aussi de plus en plus étroitement dans l'unité. Et à mesure que se dilate l'œuvre de Dieu, le bien aussi se dilate, car, encore une fois, le bien c'est l'être, et les êtres, en se multipliant, multiplient le bien; et, en s'unissant, le bien de chacun devient le bien de tous, le bien de tous le bien de chacun, par l'intime communication de la vie ou de l'amour qui les anime comme un seul être.

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