CONCLUSION DE LA PREMIÈRE PARTIE
Avant de passer outre , jetons un coup d'œil sur l'espace que nous venons de parcourir. Tous les grands problèmes philosophiques se sont successivement présentés à mesure que notre sujet se développoit , et en essayant de les résoudre , en exposant les convictions produites en nous par de longues années de méditation sur les plus importants objets qui puissent occuper la pensée humaine ? nous n'avons jamais oubiié , et nous prions le lecteur de se souvenir toujours , que nôtre théorie ? incertaine aussi long-temps quelle demeurera une simple conception individuelle , ne peut recevoir le caractère définitif de vérité d'où dépend sa valeur réelle , que de l'assentiment dune raison supérieure , la raison de tous. Jusques-là nous aurons seulement , voyageur solitaire dans les régions de la pensée , indiqué un nouvel aspect des choses , provoqué l'examen d'idées neuves peut-être dans leur ensemble
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et leur enchaînement, en un mot, apporté notre foible tribut à la science qui* résume et domine toutes les autres.
Rappelons ici les trois questions fondamentales dont elle a pour but d'offrir la solution.
Y a-t-il quelque chose?
Comment y a-t-il quelque chose ?
Pourquoi y a-t-il quelque chose ?
Nous avons répondu à la première question en montrant que l'existence de Dieu et celle de Punivers sont deux faits primitifs qu'implique toute pensée , tout acte intellectuel , et que dès-lors , identiques en nous avec le principe même de la connoissance , ils sont l'objet d'une foi nécessaire et d'autant plus certaine que toute certitude ultérieure dérive de celle-là et repose sur elle.
Nous avons répondu à la seconde question , en déduisant de l'idée générale de l'Etre , la nature de l'Etre infini , ses nécessités internes, son mode d'action au dehors de lui dans la création de l'univers , et en exposant les lois relatives à l'origine, à la conservation et au développement des êtres créés.
Nous avons répondu enfin à la troisième question en expliquant, d'après les principes antérieurement posés , comment , Dieu étant donné avec ce que nous savons de lui , une attentive considération de la nature même des êtres créés , de leur origine et