PRÉFACE. XXIX
ont été tentés pour arriver à ce but , c'est-àdire, pour créer une philosophie de la science. Si ces essais, fort louables en soi, ont été infructeux; si Ton n'a pu concevoir l'unité que sous une notion qui détruit radicalement la variété, c'est que la cherchant où elle n'a pas, où elle ne peut avoir sa raison, on a rencontré l'antinomie fondamentale expliquée précédemment ; antinomie qui obligeoit soit à nier l'unité pour affirmer la variété , soit à nier la variété pour affirmer l'unité. Or la première de ces négations se résolvant dans la négation de l'infini ou de Dieu , la seconde dans la négation du fini ou de la Création , on a été , pour affirmer logiquement l'unité , conduit au panthéisme, et à un panthéisme contradictoire, en ce sens que , partant de la nature , dès-lors on l'affirme, et concluant à l'unité absolue ou à l'homogénéité primitive de toutes choses, on la nie. Au fond, rien n'est explicable partiellement, et les trois ordres de problèmes que l'esprit humain a essayé de résoudre en ces derniers temps, ou n'ont point de solution, ou ont une solution originairement commune, sans