PRÉFACE. XXXI
spirituel, l'autre à l'être corporel. Appliquant aux questions si vivement agitées aujourd'hui cette observation importante , on peut dire que la science agit directement, comme nous l'avons observé déjà, sur la production de la richesse, indirectement sur sa distribution ; et que la foi religieuse ou morale agit directement sur la distribution de la richesse, indirectement sur sa production.
Mais la science elle-même, la vraie science, celle qui ne se réduit pas à la simple connoissance expérimentale des phénomènes, a sa racine dans la sphère des idées qui sont l'objet de la doctrine religieuse; en d'autres termes, elle doit puiser dans la conception antérieure de la Cause première celle des causes secondes, ou rattacher le contingent, le variable, le relatif, au nécessaire , à l'invariable, à l'absolu ; sans quoi elle manqueroit de base , sans quoi elle seroit éternellement impuissante à rien expliquer; car expliquer, c'est ramener le contingent au nécessaire, le relatif à l'absolu, la variété à l'unité préalablement conçue; c'est, en un mot, résoudre, en chaque cas particu-
lier , le grand et primitif problème de l'union du fini et de l'infini; ce qui fait encore, sous ce nouveau point de vue , comprendre la nécessité dune solution générale et radicale de ce problème, dans lequel tous les autres viennent se résumer. Si notre travail y aide un peu , il sera payé surabondamment. Nous n'ambitionnons rien de plus.