‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 40 sur 245 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

CONTINUATION DU MÊME OBJET

Le point de départ et la manière de procéder sont en philosophie des choses si importantes , que nous croyons utile de nous arrêter encore un peu sur le sujet traité dans le chapitre précédent , afin de présenter sous un nouveau jour, et avec plus de développement , quelques-unes des idées qu'on y expose.

Dès qu'on cherche à concevoir quoique ce soit , on rencontre aussitôt trois grandes questions dans lesquelles se résument toutes les autres, et que la philosophie a pour but de résoudre , ou dont elle implique du moins la solution. Existe-t-il quelque chose? comment existe-t-il quelque chose? pourquoi existe-t-il quelque chose? Nulle science réelle , nulle vraie conception , jusqu'à ce que ces trois questions n'aient reçu une solution dont l'intelligence puisse et doive être satisfaite. N'y eût- il en effet qu'un grain de sable , il faudroit, pour le con-

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cevoir, s'assurer d'abord qu'il est, puis savoir comment il a commencé et continué d'être , et enfin quel est le terme de son être , car le terme de son être en est le complément et la raison , sous ce rapport. Or, ce qui est vrai d'un grain de sable est vrai de tout ce qui est , et par conséquent nulle conception , nulle philosophie , si on ne résout , d'une manière générale et absolue , les trois questions qui viennent d'être posées.

Quant à la première , l'existence en soi étant un pur fait , le fait primitif que suppose toute pensée , toute recherche , toute action , est indémontrable par son essence. Elle doit être simplement crue , et elle l'est nécessairement ; de sorte que , pour l'être intelligent , l'existence et la foi à l'existence sont inséparables.

La seconde question : comment existe-t-il quelque chose? comprend celles qui se rapportent à l'origine et aux lois des êtres existants. Et, comme l'être en général peut être conçu sous la notion de l'infini et sous la notion du fini, on voit que la foi absolue à l'existence , qui a pour objet l'être en général , renferme virtuellement la double foi à l'existence de l'Etre infini et de l'être fini : et celui-ci tirant du premier et son origine et ses lois , puisque rien de fini n'a sa raison en soi , on ne sauroit le connoître qu'autant que l'on connoît et au degré où l'on con-

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