‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 41 sur 245 · LIVRE 1er. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE 1er. — CHAPITRE III

noitles lois et la nature de l'Etre infini. Or, la nature de l'Etre infini et ses lois propres, impliquant ellesmêmes l'infini, ne peuvent en aucune façon être connues de l'être fini , si elles ne lui sont manifestées , s'il ne se montre , ne se révèle à lui , autrement il les découvriroit en soi , ou il seroit infini lui-même. Pour concevoir quoi que ce soit , il faut donc qu'il croie à l'existence de l'Etre infini , à ses relations avec lui , à ce qu'il lui révèle de sa nature ,• de ses lois , de ses opérations , et à l'existence des êtres finis, ainsi qu'à l'ensemble des phénomènes par lesquels leur existence lui est manifestée , ou à la forme aperçue de lui de cette existence même. Donc encore nulle conception , nulle philosophie , sans une foi préexistante à deux ordres généraux de faits , les faits divins ou nécessaires et les faits contingents , et toute philosophie , toute conception consiste à percevoir leurs rapports.

La troisième question , relative à la fin des êtres, dépend de la seconde évidemment ; car il est clair que la fin des êtres dépend de leur nature et de leurs lois. D'où il suit , premièrement , que l'Etre infini est à lui-même sa fin , son terme , puisqu'il renferme en soi tout ce qui peut être conçu sous la notion d'être , et que si , hors de lui , il existe quelque chose, il n'existe rien au-delà de lui ; secondement, qu'il est le terme , la fin des êtres finis , puisqu'ils ont

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en lui le principe de leur être , le principe dès-lors de leur conservation et de leur développement , et que tout ce qui est aspire à être , et par conséquent à s'unir au principe de l'Être. Mais, pour concevoir l'union des êtres finis à l'Etre infini, il faut en connoître le moyen , connoissance qui implique , sous un nouveau rapport , celle des êtres qui doivent s'unir, et dépend dès-lors , dans sa base , de faits primitifs indémontrables ou d'une double foi antécédente.

Bien que ce soit à quelques égards anticiper sur ce qui devra être dit plus tard , nous ne saurions nous empêcher de faire remarquer ici l'étroite relation de ces trois grandes questions philosophiques avec la science pure et absolue de Dieu ; de sorte que, Dieu connu , tout est connu au degré où nous pouvons le connoître lui-même, et que nulle connoissance n'est possible sans celle-là. En effet, la question générale de l'existence a un rapport direct à la question générale de la puissance , et se résout dans celle-là. La question générale des lois de l'existence a un rapport également direct à la question générale de l'intelligence ou de la forme, puisque la forme est ce qui détermine l'être, et se résout dans celle-là La question générale de la fin de l'existence a un rapport direct à l'entier accomplissement de l'être , ou à sa perfection qui s'effectue dans l'unité , et par

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