‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 52 sur 245 · LIVRE Ier. — CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE Ier. — CHAPITRE VI

tant que doué de forme. Mais , à cause de son unité radicale , infinie , ce qui connoît en lui est identique avec ce qui est connu ; la forme qui le rend intelligible est la connoissance même qu'il a de soi. La même nécessité intrinsèque le rend à la fois intelligible , sans quoi il ne seroit pas intelligent ; intelligent , sans quoi il ne seroit pas intelligible. L'intelligence et la forme ne sont donc en lui qu'une même chose considérée par notre esprit sous deux aspects divers.

L'amour est encore essentiellement compris dans la notion de l'être , puisque Têtre évidemment seroit incomplet sans l'amour. Il seroit privé d'un terme immédiatement relatif à la puissance et l'intelligence , et qui accomplit en Dieu l'unité dans la distinction ; car Dieu ne seroit pas un , si ses propriétés essentielles n'étoient pas ramenées , sans cesser d'être distinctes , à l'unité de la substance ; si la puissance qui la réalise incessamment , la forme qui la détermine , n'étoient éternellement unies l'une à l'autre par un indissoluble lien. D'où naît la nécessité d'une énergie spéciale ou d'une nouvelle propriété qui opère par son efficace cette union infinie ; et cette énergie , cette propriété qu'implique la substance , c'est l'amour.

11 y a donc dans l'Etre infini trois propriétés nécessaires , et il n'y en a que trois : car toutes les au-

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