‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 53 sur 245 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

80 lre PARTIE. — DE DIEU ET DE L*UXIVEHS.

très qu'on essaieroit de nommer ne sont que ces propriétés essentielles conçues sous des rapports particuliers, selon leurs opérations propres. Ainsi la bonté n'est que l'amour agissant au-dehors ; la sagesse n'est que l'intelligence manifestée dans certains actes ; la cause n'est que la puissance produisant hors de soi.

Distinctes par leur essence , ces propriétés également nécessaires , et qui dès-lors ont existé toujours simultanément , sont liées entre elles suivant un ordre, non de succession, mais de principe. La puissance par laquelle ce qui est est précède comme principe l'intelligence , laquelle renferme dans sa notion l'idée de quelque chose qui est son objet , en tant qu'elle connoit, et qu'elle détermine en tant que forme ; et, puisqu'il faut connoitre pour aimer, l'intelligence précède l'amour, qui dérive à la fois et d'elle et de la puissance.

Ainsi, de la notion de l'être en général, ou de l'Etre infini conçu dans l'unité absolue de sa substance , de cette notion première, racine de toute pensée, on passe à la notion de Dieu qui en découle immédiatement , c'est-à-dire à la notion de l'Etre infini conçu , d'une part , selon les propriétés inséparables de son essence, et, de l'autre, selon ses rapports avec les êtres finis ou la Création. Sans l'idée primitive de l'Etre, nulle intelligence ne seroit possible ;

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