‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 54 sur 245 · LIVRE Ier. — CHAPITRE VI. Si · texte numérisé non relu

LIVRE Ier. — CHAPITRE VI. Si

sans la connoissance des propriétés inhérentes à l'Etre , l'esprit, absorbé en quelque sorte dans cette idée unique , perdu dans cette immense lumière où rien de distinct et de déterminé ne lui apparoîtroit, se confondroit lui-même avec elle, éternellement solitaire , immobile , ïnactif . Et en effet , lorsque la contemplation , se détachant des propriétés de l'Etre, remonte pour ainsi dire vers sa source , et se fixe sur l'unité absolue de la substance infinie et primordiale , aussitôt on voit naitre ce panthéisme intellectuel et ce quiétisme pratique dont l'Inde a fourni 7 dès les premiers temps , de si remarquables exemples. Toute philosophie, dans son principe et dans ses derniers développements , sort de l'idée fondamentale de Dieu. Ce qu'elle renferme de vérité est constamment proportionné au degré où elle le connoît , comme son caractère est déterminé par la manière dont elle le conçoit : car elle ne fait jamais qu'appliquer aux êtres contingents ses idées antérieures de l'Etre nécessaire. Et c'est pourquoi il est d'une importance souveraine d'éclaircir et d'approfondir, autant que le peut notre raison si bornée, si foible, cette grande idée de Dieu , dont toutes les autres ne sont que des déductions plus ou moins éloignées ? ou plus ou moins prochaines.

S8 Ire PARTIE. — DE DIEU ET DE L'CNIVEBS.

Page 1