VIII PRÉFACE
mière; car elle force à nier et Dieu et l'univers dont la raison n'est pas dans l'homme. Réduits à s'affirmer individuellement , il leur est logiquement impossible de sortir d'euxmêmes , à jamais confinés dans leur moi solitaire. Leur absurde philosophie se résume en une sorte de panthéisme humain , qui oblige à concevoir dans un même sujet les contradictoires.
Ces fausses méthodes ont le vice commun de créer des antinomies où la pensée se perd , et qui , s' étendant au système entier de la connoissance , contraignent finalement de renoncer soit à la raison , soit à la croyance ; à la croyance , si l'on veut n'admettre que des vérités conciliables entre elles ; à la raison , si l'on admet simultanément comme des vérités , des idées qui s'excluent l'une l'autre dans la théorie qu'on s'est faite, sous le point de vue où elle oblige à les considérer.
Toute théorie , en effet, repose sur une donnée primordiale qui engendre une série de conséquences nécessaires. Si donc cette donnée ne contient pas tous les éléments fonda-