LIVRE 1er. — CHAPITRE X
Fils , la figure de sa substance ou de l'Être infini , exprime ce qu'il est , s'entend dans cette Parole , se voit , se contemple dans cette Lumière qui éternellement manifeste en Dieu l'Etre tout entier.
Et de même que toute force dérive du Père , de la Puissance infinie , et n'en est qu'une participation , toute intelligence, toute forme dérive du Fils, de l'Intelligence infinie , de la forme divine , et n'en est qu'une participation. En effet , tous les êtres particuliers étant contenus d'une certaine manière dans l'Être universel , il s'ensuit qu'aucun Être particulier ne peut exister qu'autant qu'il participe à la substance infinie et à ses propriétés nécessaires.
Mais , jusqu'à ce qu'il soit réalisé hors de Dieu , il n'est point distingué de Dieu-même , c'est-àdire qu'il n'a en Dieu qu'une existence intelligible. Il y est caractérisé , spécifié par son idée , et ces idées, ces exemplaires, ces types, infinis en nombre, puisqu'ils représentent tout ce qui est contenu dans l'Être infini , ou l'Être infini lui-même en tant qu'il est participable , résident dans l'Intelligence divine , dans le Verbe , en qui seul et par qui seul l'Être est intelligible. Tous les êtres particuliers ont donc dans le Verbe un double caractère , finis par l'idée qui les spécifie , infinis , parce que ces idées, inséparables de l'Intelligence de Dieu, sont Dieu même.