LIVRE 1er. — CHAPITRE XI
Effusion commune du Père et du Fils , il est , si on peut le dire , leur souffle , leur éternelle respiration , le complément de la fécondité infinie de l'Être, et la vie qui l'anime. Car l'Étçe se réalise perpétuellement par le Père, se connoit par le Fils, se sent ou jouit de soi-même par l'Esprit , qui , en terminant Dieu . consomme intérieurement sa félicité souveraine»
Et tout ce qui peut être est là dans un degré infini d'être, et dès-lors selon l'unité la plus absolue : mystère incompréhensible sans doute , mais qui se trouve partout; car partout où il y a vie, intelligence , force, il y a distinction dans l'unité, et c'est là le secret de toute existence.
Mais la vie ne pouvant être conçue que sous la notion rigoureuse d'unité , il s'ensuit que l'Amour ou le principe de vie est par son essence un principe d'union , et en effet , l'Amour infini ou l'Esprit qui procède du Père et du Fils , est le lien qui les unit , en tant que Personnes , dans leur substance commune , et , sous un nouveau rapport , opère ainsi l'unité dans la distinction. Car l'unité actuelle de tout être déterminé résulte de l'union de la force par laquelle il est , et de la forme qui le détermine à être ce qu'il est. Cette union constitue la vie essentiellement une , et comme toute force dérive de la Puissance infinie , et n'en est qu'une
74 Ire PARTIE. — DE DIEU ET DE L'UNIVERS.
participation ; toute intelligence , toute forme , de l'Intelligence ou de la forme infinie , et n'en est qu'une participation ; toute vie aussi dérive de la vie infinie , et n'en est qu'une participation : de sorte que le Père , le Fils , l'Esprit , sont les trois principes effectifs et nécessaires de tout ce qui est.