LIVRE lef. — CHAPITRE XIV. 8i
elle-même , qui constitue l'individualité absolue de Dieu.
Il suit de là qi^il existe en Dieu une société véritable, une société parfaite, infinie, type éternel de toute société. Car la société n'est que le multiple ramené à l'unité , et Dieu est l'unité même s'épanouissant, si on peut le dire, sous une forme ternaire; et chacun des trois termes, ou chacune des trois Personnes de ce ternaire divin , individuellement distincte des deux autres, se résout par sa substance dans l'individualité une et absolue de l'Etre infini.
On retrouve encore en Dieu, sous un autre rapport, la multiplicité dans l'unité. Sa substance, son être contient en soi nécessairement quelque chose qui le détermine , puisque rien ne peut exister s'il n'existe d'une certaine manière, s'il n'est déterminé, et l'absence de la détermination est l'absence de TEtre. D'une autre part, ce qui n'est pas et ne sauroit être, n'étant point intelligible , il s'ensuit que ce qui détermine l'Etre est aussi ce qui le rend intelligible, Or l'Être est déterminé par la forme, et ne peut l'être que par elle. 11 y a donc en Dieu une forme qui le détermine , et cette forme est ce par quoi il est intelligible, ou, en d'autres termes, elle est Dieu même en tant qu'intelligible, et dès-lors elle est son intelligence , puisqu'en lui ce qui cou-*