CHAPITRE VI
DES MODES GÉNÉRAUX d'eXISTEISCE DES ÊTRES CRÉÉS.
Toute créature n'a d'être que parce qu'elle participe-à la substance infinie et à ses propriétés essentielles , à un degré marqué par la limite qui la circonscrit et réalise ainsi hors de Dieu son idée préexistante dans l'entendement divin. Toute créature peut et doit donc être considérée sous deux rapports divers. Elle tient à l'infini par ce qui constitue radicalement son être , au fini par ce qui le termine. On conçoit , en effet, dans l'être de chaque créature et dans les propriétés qui y sont inhérentes, la possibilité d'un développement sans terme. Aucunes bornes assignables au développement de la force, de l'intelligence, de l'amour, considérés en soi; car il n'est point de force , d'intelligence , d'amour actuel qu'on ne puisse supposer plus grand : et cette tendance vers l'infini , cet effort continuel pour s'en rapprocher, vient, d'une part, de ce que tous les êtres ont leur racine en lui ; et, de l'autre, de ce