LIVRE IIe. — . CHAPITRE VI
car la divisibilité étant de son essence et de l'essence de sa durée , il ne peut exister que sous les conditions du temps.
Des considérations développées dans ce chapitre , il suit que ce qu'offrent de réel les modes nécessaires de l'existence des créatures , n'est qu'une participation du mode d'existence propre à Dieu. Elles tiennent à l'infini par tout ce qu'il y a de positif en elles ; et tout ce qui , dans le fonds de leur être et dans les modes de leur être , les constitue créatures , n'est qu'une privation.
En recherchant , par des voies purement psychologiques, le fondement des connoissances humaines , kant a fort bien vu qu'aucun objet de nos perceptions ne nous apparoissoit que sous les formes générales du temps et de l'espace ; mais loin d'en déduire une loi générale de la Création, liée à une notion intelligible de l'espace et du temps , sa méthode l'a contraint d'affirmer que nous ne pouvons savoir ce qu'ils sont en eux-mêmes ? et plus logiquement encore qu'ils ne sont rien, si Von fait abstraction de notre manière d'apercevoir , attendu quHls n'ont de réalité que par rapport à notre nature intuitive et à notre sensibilité subjective \ Ainsi, selon lui,
» Philosophie transcendantale , ou système d'Emmanuel Kant , par L.F.Schon,p. 78 et 79.
158 lre PARTIE. — DE DIEU ET DE L'UNIVERS.
nous aurions la perception nécessaire du rien : ce seroit une des premières lois de notre intelligence. Observons encore que l'Être absolu renfermant en soi tous les êtres contingents , renferme aussi dès-lors tous leurs modes d'existence. Et comme les êtres contingents dérivent de l'Etre absolu, leurs modes particuliers d'existence dérivent nécessairement du mode général d'existence de l'Etre. D'où il suit que , semblables à ce mode général par leur essence , ils n'en peuvent être qu'une limitation.
.IVRE IIe. — CHAPITRE VII. 139