‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 99 sur 245 · Livre h6. — chapitre vii · texte numérisé non relu

Livre h6. — chapitre vii

un système de relations perpétuellement variables , et , en ce sens , un véritable système d'illusions ou de phénomènes purement subjectifs.

En effet , troisièmement , si les conditions de l'organisme , ou les conditions de sa limitation présente , venoient à changer pour l'homme , de telle sorte que son activité physique égalât , par exemple , l'activité de sa pensée , à l'instant même il se trouveroit en de nouveaux rapports avec l'espace , le temps et le mouvement , c'est-à-dire que, moins limité dans l'immensité, dans l'éternité et l'omniprésence , ou participant plus parfaitement aux modes d'être essentiellement positifs de Dieu , toutes ses idées de distance et de durée seroient bouleversées dans ce qu'elles ont de subjectif en lui. Son lieu ne seroit plus le même ; en contact immédiat avec tous les objets de sa pensée , il se sentiroit , il vivroit dans une sphère incomparablement plus vaste , quoique toujours finie , et en se dilatant dans l'immensité , il se dilateroit dans l'éternité. Le temps , si l'on peut s'exprimer ainsi , seroit moins temps pour lui ; il se rapprocheroit davantage de la durée indivisible, de l'immuable présent de Dieu, au degré même où sa pensée seroit active : en un mot , son être positif ayant changé , ses modes d'être changeroient également, devenant eux-mêmes proportionnellement plus positifs.

I4à lre PARTIE. —DE DIEU ET DE. L'UNI VERS.

D'où Ton voit que les lieux sont d'autant plus séparés , que le passé , le présent , l'avenir , sont d'autant plus distincts , que l'être qui les perçoit est plus limité , ou que , par sa nature et son mode d'existence , il dépend davantage des conditions négatives de l'être fini ; mais qu'il n'existe réellement pour lui , en tant que positif , ni distance , ni passé , ni avenir.

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