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DEUXIÈME PARTIE : L'ANALYSE SOCIOLOGIQUE

accurate (précis), straightforward (loyal), intellectual (intelligent), strong (fort), well balanced (équilibré), choleric (colérique).

Pour chacune de ces aptitudes, trois degrés étaient prévus.

J’ajouterai que l’étude de Wissler montre l’utilité d’un recours au calcul des probabilités pour ramener les cotes à des valeurs plus ou moins représentatives d’un assez grand nombre d’individus.

Cil. Henry fait remarquer à ce propos que « l’intelligence étant une quantité élémentaire, les mesures de l’intelligence devront se conformer dans leur répartition statistique à la loi binomiale. Si elles ne s’y conforment point, c’est que les prétendues mesures sont des mesures indirectes ou des cotes. Il est facile de trouver la relation de ces cotes aux véritables nombres et de mesurer ainsi l’incapacité des examinateurs, et cela d’autant mieux que les cotes seront plus nombreuses ».

§ 38. — La notion de réaction sociale.

J’ai indiqué précédemment, à propos des aptitudes (voir page 166), comment il n’est pas interdit de se représenter la possibilité des mesures d’énergétique sociale, et quelle portée cette représentation peut avoir dans l’état présent des connaissances.

Dans le même esprit, on peut concevoir la mesure des activités sociales et tenter une approximation nouvelle des éléments constituant le coefficient U d’utilisabilité sociale.

De même que toute force se mesure par son effet, toute activité se mesure par son résultat, c’est-à-dire par une réaction. L’individu faisant une dépense énergétique d’ordre sociologique — par exemple, parlant en public — éprouve de ce chef une première réaction personnelle modifiant les conditions mêmes de sa dépense. A la limite, cette modification annule l’activité : on se tait, ou même on se cache, si l’on connaît l’hostilité de son entourage.

En second lieu, l’individu subit, dans ses activités sociales ou non, l’effet

Référence à Wissler dans Corrélation of mental and physical tests, pp. io-ii. Id. à Cii. Henry dans Notes d'analyse statistique, p. 4.

Chap. VII

Les activités sociales.

S 3ï. — Activi tés sélectives.

§ 38. — La no tion de réaction so ciale.

Chap. VII.

Les activités sooiales.

§ 38. — La notion de réaction sociale.

des activités des autres ; il peut ainsi être provoqué à une action à laquelle il ne songeait même pas, par exemple en se laissant aller à l’entraînement d’une foule ou aux avis d’autrui, fùt-ce même en lisant un écrit dont l’auteur lui est totalement inconnu.

Il va de soi que je ne vise ici que les modifications d 'activités; les effets produits sur la potentialité sociale ont été pris en considération plus haut (voir page 167).

Deux éléments réactionnels nouveaux sont ainsi à ajouter dans l’expression de U; désignons-les par ay et a2, et leur ensemble par A. Nous aurons :

D’une façon générale, on conçoit comment on parviendrait, dans de nombreux cas, à mettre en évidence les effets produits sur l’individu, par les activités des autres : le fonctionnement physique ou psychique de l’organisme peut s’en trouver notoirement modifié, et ces modifications interviennent toutes dans la fonction : /2 (A).

Ces remarques mettent en pleine lumière ce fait que l’individu est effectivement le commencement et la fin de toute activité sociale: c’est de lui qu 'elle part, à lui qu'elle aboutit. Quelque nombreuses et éloignées dans le temps ou dans l’espace que puissent être les réactions provoquées par l’activité sociale, on 11’en peut découvrir d’autre siège que l’individu. Que ces réactions soient amplifiées par la transmission continue des acquisitions, telle la parole d’un penseur comme Aristote ou l’invention d’un initiateur comme James Watt, ce n’en est pas moins dans l’individu seulement que l’observation ira en chercher la trace.

Et c’est là peut-être, quant à présent, la plus haute portée scientifique de la conception énergétique des phénomènes sociaux : en contraignant à la préoccupation constante de la réaction adaptative, elle retient l’esprit aux côtés de la réalité; en poussant droit à l’expression mathématique, fùt-ce par simple jeu spéculatif, elle astreint à la précision et à l’analyse.

A un autre point de vue, elle confère aussi aux recherches entreprises suivant les lignes exposées dans ce travail, une sorte d’authenticité scientifique, car, on l’a dit souvent et justement, le véritable critérium d’objectivité d’une science est de ne s’occuper que de choses mesurables ou dont l’esprit conçoit la mesure, dans des conditions données de progrès de la technique des observations.

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