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DEUXIÈME PARTIE ; L'ANALYSE SOCIOLOGIQUE

scientifiques ou d’excursions quelconques; les archives de sociétés, les chroniques d abbayes ou de communes; les narrations de bandes improvisées ou d’émeutes ; les journaux de voyage, de colonisation, de « settlements » ; les monographies ethnographiques portant non sur la description d’institutions, mais sur leur fonctionnement, etc.

Chap. VIII.

Les synergies sociales.

§ 39. — La conformité sociale.

Des circonstances très diverses constituent les individus en agglomérations : la tendance à la « recherche des pareils » (voir page 180) tend incessamment à ce résultat, mais ces « attroupements » sont généralement trop peu durables et trop entremêlés à d’autres activités sociales, pour que le phénomène primaire à analyser ici puisse apparaître. Il se manifeste, au contraire, avec netteté dans tous les cas où les attroupements acquièrent une certaine consistance, dans le temps ou dans l’espace : je leur réserverai le nom de troupes. Voici quelques exemples :

Chez les animaux ; une troupe d’éléphants s’installant dans une forêt, une bande d’oiseaux s’abattant dans une vallée, un village de castors en formation, etc.

§ 30. — la cou l'ormité sociale.

Chez les primitifs : une tribu ou une partie de tribu chassée de son habitat naturel et se fixant dans un autre ; une bande de nomades exploitant une région.

Chez les civilisés : une expédition scientifique, une excursion amicale, notamment si, surprises par des accidents quelconques, elles sont obligées d’établir un campement relativement durable.

Supposons de telles conditions réalisées pour l’observation. Comme, par le jeu connu des variations, des adaptations et des extinctions, aucun individu n’est, dans le groupe considéré, absolument semblable à un autre, — comme, en d’autres ternies, un polymorphisme initial conditionne les activités de tous les membres, chacun va s’orienter spontanément vers les activités qui répondent le mieux à ses aptitudes.

C’est le moment de reproduire un passage de Houssay dans lequel l’auteur montre l’action du polymorphisme organique sur la différenciation des activités chez les hyménoptères. Houssay emploie l’expression « division

Chap. VIII.

Les synergies sociales.

S 39. — La conformité sociale.

du travail » ; quant à moi, j’éviterai à dessein de m’en servir, en raison de son indétermination et de son allure de « cliché ».

« N’oublions pas, dit Houssay, que les facteurs physiques ou chimiques, la température, l’abondance et la qualité des aliments sont capables d’intéresser directement la forme. Les différences d’action de ces facteurs sur divers êtres ou sur diverses parties d’un être peuvent amener, d’une façon que nous ne savons pas toujours pénétrer, un polymorphisme initial qui aura pour effet, et non pour cause, la division du travail physiologique... Dans le même ordre de faits se placent, avec plus de certitude encore, ceux qui sont déterminés par la pratique de la vie sociale réalisée par certaines espèces animales... Parmi les hyménoptères, les fourmis, les abeilles et les guêpes en sont un exemple bien connu. En outre du polymorphisme sexuel, sur lequel nous n’insistons pas ici et par lequel les individus se trouvent distribués en mâles et femelles, on observe encore que les femelles se répartissent en deux catégories. Les unes, en très petit nombre, ont leurs organes sexuels entièrement développés et sont d’une taille relativement considérable, ce sont les reines, qui n’ont d’autre rôle social que de pondre et d’assurer la perpétuité de l’espèce. Les autres sont des femelles dont les ovaires avortent; on les appelle pour cette raison les neutres ou encore les ouvrières, parce que ce sont elles qui accomplissent tous les travaux...

« La détermination des polymorphismes sociaux n’est certainement pas une chose héréditaire, puisque des catégories entières sont stériles et ne peuvent, par suite, transmettre les qualités qu’elles possèdent. Le déterminisme en est actuel, et pour certains cas on le connaît très bien. On sait, par exemple, que chez les abeilles les œufs non fécondés donnent des mâles, que, parmi les œufs fécondés, ceux qui sont placés dans de vastes loges pourvues de provisions abondantes et choisies deviennent des femelles complètes ou des reines, et que les autres, moins bien nourris, évoluent en femelles stériles. Il est donc manifeste ici que le polymorphisme n’est pas l’effet de la division du travail et le résultat de l’adaptation à des tâches diverses, mais qu’il en est plutôt la cause, étant lui-même déterminé par un phénomène d’élevage et d’éducation antérieur à toute activité. »

Le premier de tous les polymorphismes est celui qui tient à la différence des sexes; je ne vise pas seulement le dimorphisme organique, mais aussi le dimorphisme psychique : comparer cette remarque de Schurz : « Au! den

Extrait de Houssay dans La forme et la vie, pp. 824, 83o.

Id. de Schurtz dans Alterslilasscn uvd Mannerbündc, p. 44. Voir aussi tout le paragraphe Die Bedeutung der Geschleclitsuntcrschiede, pp. 22 et ss.

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