DEUXIÈME PARTIE : L'ANALYSE SOCIOLOGIQUE
ersten Anblick, scheint die Sympathie der Geschlechter iiberwâltigend stark zu sein... aber in Wahrheit, besteht zwischen den normalen Vertretern der beiden Geschlechtern ein solcher Unterscheid dass ein gegenseitiges voiles Verstehen kaum môglich ist. » (Au premier abord, il semble que la sympathie inter-sexuelle soit très vive..., mais, en réalité, il existe, entre les représentants normaux des deux sexes, une telle différence qu’une entente réciproque parfaite est presque impossible.)
Il ne peut être question d’aborder ici l’étude du dimorphisme sexuel dans ses rapports avec les adaptations des êtres à leurs conditions d’existence : il suffit que j’aie, en passant, appelé l’attention sur l’aspect sociologique de telles recherches.
L’observation des primitifs montre les manifestations élémentaires du phénomène chez les hommes. Von den Steinen rapporte, par exemple, ceci au sujet des Indiens Bororos (Brésil) : quand une troupe émigre, la femme, armée d’un bâton pointu, parcourt la forêt, et y cherche des racines ; elle grimpe aux arbres pour y cueillir les noix de palmes; l'homme suit la piste des animaux ou pêche le poisson dans les cours d’eau.
Dans un campement improvisé par une expédition, les uns prendront les besognes sédentaires, les autres, alertes et audacieux, courront aux provisions ; si la région est totalement différente de celle habitée normalement par les individus, — par exemple, pour des citadins d’Europe, les glaces d’une banquise, la brousse ou simplement la campagne, — ils devront faire preuve d'incessantes initiatives , non sociales d'ailleurs pour la plupart : construire des abris, cuire des aliments, ajuster des vêtements, etc., etc. Les uns auront beaucoup d’initiatives utiles, les autres peu et de surperflues ;• certains peut-être auront surtout « des idées » et les communiqueront à leurs camarades ; certains encore se trouveront avoir « trop auguré de leurs capacités » et ils devront se réajuster.
De toute façon, ils réaliseront, dans l’ensemble, des adaptations que l’on pourrait appeler professionnelles, puisqu’elles définissent des occupations particulières. Ainsi, par un mécanisme purement biologique, mis en action par le polymorphisme initial, chaqîie individu se trouvera rapidement « cantonné ».
Suivant que, dans le campement improvisé, le nombre d’individus est
Chap. VIII.
Les synergies sociales.
§ 39. — La conformité sociale.
Référence à von den Steinen dans U nier den Naturvôlkern Zentral-Braziliens , p. 207.
Chap. VIII.
Les synergies sociales.
S 39. — La «on formité sociale.
inférieur, supérieur ou égal au nombre de besoins essentiels à satisfaire, suivant, aussi, les écarts des variations individuelles d’aptitudes, diverses combinaisons d’adaptations professionnelles seront réalisées; mais il est certain que si toutes les conditions extérieures restent les mêmes, au bout de peu de temps, chaque occupation s' exécutera d'une certaine manière : il y aura une technique de capture du gibier et de cuisson de la nourriture, et aussi des modalités déterminées de l’outillage, de l’architecture, etc. A 1 origine de chacune de ces façons de faire et d’être, se sera trouvée une des initiatives dont il vient d’être parlé, et elle aura été, d’après les nécessités, généralisée suivant l’un des procédés étudiés parmi les activités initiatrices et répétitrices. Certaines de ces façons de faire et d’être seront d’ailleurs sociales, par exemple, la prière en commun, la promenade en compagnie, les égards réciproques, etc.
En somme, à ce moment, les individus auront ainsi acquis ce qu'on doit appeler des HABITUDES.
Le phénomène s’observe aussi bien chez les animaux : le terme même d'habitudes est consacré par les éthologistes. Allant plus loin, Cornish a pu réserver un chapitre de son livre à l 'étiquette animale : il y montre combien l’être est identifié avec ses adaptations, combien il « tient à ses habitudes », — ce que la connaissance vulgaire a noté dès longtemps en faisant de « l’habitude une seconde nature ».
Mais chez les hommes, les habitudes peuvent évoluer en raison de la possibilité de la transmission des acquisitions, de génération en génération, par la tradition verbale ou écrite.
Si, dans le campement improvisé surviennent des naissances, les enfants acquerront une partie des habitudes des aînés, par pure impulsion palinéthique (voir page i5o); mais la plupart de ces habitudes leur seront enseignées par l’éducation, c’est-à-dire que toutes les fois que, dans leur formation, ils tenteront inconsciemment d’avoir une initiative s’écartant de l’habitude, les parents les redresseront, sans même parfois leur donner une justification, soit qu’ils l’ignorent, soit qu’ils l’aient oubliée, soit qu’ils la jugent inutile.
On ne saurait assez insister sur le grand rôle que joue la formation de l'individu dans la transmission des habitudes : elle doit le plus souvent, dans les interprétations sociologiques, être substituée aux processus confus de propagation et de persistance, que certains auteurs ont mis à la mode : « Man)'' customs are obeyed », dit Howitt à propos des Australiens, « without thc drcad of physical punishment being inflicted for their breach,... bccausc thc