DEUXIÈME PARTIE : L'ANALYSE SOCIOLOGIQUE
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d’un « meneur » de mouvement. « Son principal mérite >; , écrivent-ils, « repose Chap. viil. dans son intelligence parfaite de 1 art d obtenir la réalisation d un projet. sociales Pour agiter, pénétrer, tirer les fils, frapper à la porte du Parlement, rédiger §«.- La co des résolutions, des pétitions, des bills, en un mot pour tous ces artifices ordinatlon socia,c qui servent d’abord à créer un mouvement populaire et ensuite à lui faire produire son effet parlementaire, il fut un inventeur et un tacticien de premier ordre. Par-dessus tout, il possédait à la perfection la qualité rare de laisser les autres recueillir le mérite de son œuvre. »
Le dépouillement de ce que ces auteurs appellent 1’ « inappréciable collection de documents manuscrits », laissés par Place et conservés au British Muséum, fournirait sans doute des données sociologiques de premier ordre sur les mécanismes de la coordination suggestrice.
Des cas analogues sont d’ailleurs fréquents dans la vie quotidienne : une discussion peut être synergique, une séance d’enchères l’est souvent, une plaidoirie l’est toujours.
Un autre mode particulier de coordination sociale, la coordination syncrétique, est réalisé lorsqu’un individu tente de faire converger vers une attitude ou une volonté uniques , des dispositions hostiles ou contradictoires.
C’est dans toutes les activités de « conciliation » , que cette forme de coordination sociale apparaît le plus nettement. Dans les phénomènes réactionnels auxquels elle donne lieu, l’affinité sociale est sollicitée chez l’individu qui concilie, d’une manière très particulière ; aussi, le nombre de ceux dont la sensibilité physique se prête à ce rôle est- il très réduit.
L’arbitrage est une forme modifiée, en ce que les intéressés s’en remettent à la décision d’un tiers pour effectuer l’accord.
Dans l’un et l’autre cas, l’étude sociologique devra porter sur les phases successives du processus coordinateur et isoler les réactions sociales chez les trois facteurs en présence : le conciliateur et les deux parties à concilier.
On pourrait rapporter à la même forme le simple rapprochement qu’on opère parfois entre des personnes qui ne se connaissent pas, en vue d’essayer de déterminer chez elles une activité unique : c’est dans ce sens
esquisse dise sociologie
Chap. VIII. qUe l’on dit « ménager une entrevue », « provoquer une entente », « convier
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sociales a u ne trêve ».
g 12. — La coordination sociale.
La coordination peut se traduire, enfin, par un véritable concert des activités individuelles, ce que Giddings appelle concerted volition, et qui apparaît dans le terme français « association » : c’est, d’ailleurs, à cette forme de synergie que l’emploi du mot devrait être réservé. La modalité de coordination sociale analysée ici sera donc dite coordination associative. Comme application, on rencontre, au point de vue statique, la « société », le « club », le «cercle la « ligue », voire la « coterie » ; au point de vue dynamique, la « collaboration », la « coopération », la « connivence », la « conjuration », le « complot », la « grève », le « boycottage », le « terrorisme ». Le langage connaît les locutions : la « conspiration du silence », la « coalition des intérêts », 1’ « union des bonnes volontés ».
La coordination associative diffère de la simple agrégation due aux attractions synéthiques (voir page 1 88) , en ce qu’elle y superpose l’élément synergique, qui oriente les tendances communes vers un but déterminé.
Elle ne diffère pas moins de la coordination opérative, parce que dans celle-ci les individus sont effectivement, comme je l’ai dit, les « instruments » de la volonté agissante du chef (voir page 237).
La coordination associative a pour point de départ un « déclanchement initiatif » (voir page 1 88) qui peut se produire parmi des individus étrangers les uns aux autres et chez lesquels une activité initiatrice vient dégager une synéthie (voir, par analogie, pages 190-iqi, le cas du financier), — mais qui surgit souvent au sein d’individus déjà réunis par des activités grégaires (voir, par exemple, le cas cité de l’origine d’une Trade Union, page 182).
D’autre part, la connaissance banale a déjà appris et l’analyse expérimentale confirmerait combien rapidement, au sein d’une association, surgit la céphalisation : quelque répugnance que l’on y ait parfois, le besoin du chef (voir page 226) se fait sentir.
Toutefois, le rôle du chef n’est pas ici celui qui a été défini à propos de la coordination opérative : un commandant d’armée ou un « capitaine d’indus-
Extrait de Giddinus dans Incitative Sociology, pp. 2S2 et ss.