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DEUXIÈME PARTIE : L'ANALYSE SOCIOLOGIQUE

ET A L’EXPÉRIENCE DES MANIFESTATIONS PARTICULIÈRES DE LA SENSI- BILITÉ PHYSIQUE de l’ètre vivant. Concevoir ainsi sa tâche est pour le sociologiste un sûr moyen de garder le contact indispensable avec les autres sciences investigatrices de la vie. C’est aussi s’assurer la certitude que l’être sur lequel porteront ses recherches sera bien le produit de son milieu, c’est-à-dire qu’il sera de son lieu et de son temps.

De là vient que la sociologie, qui prendra forcément son bien où elle le trouve, c’est à-dire partout où est la vie sociale, va s’exposer au reproche d’empiéter sans cesse sur d’autres sciences.

Car il se fait que beaucoup d’autres sciences ont un domaine qui semble recouvrir le sien.

En ce qui concerne l’étude des animaux allophiles, aucun conflit d’attributions n’est possible : le zoologiste ouvre toutes larges ses portes à l’éthologiste (voir page 34).

Mais pour l'analyse des phénomènes sociaux chez les hommes, le désarroi scientifique est complet.

La nature des choses indiquerait que l’ensemble des phénomènes auquels donnent lieu les hommes devrait constituer Y anthropologie (avôptoTioç, homme), au même titre que la zoologie (Çwov, animal) rassemble les observations relatives aux animaux. Par suite d’une série de vicissitudes, l’anthropologie ne désigne aux yeux de certaines personnes qu’une vague crâniologie : mais il suffit de jeter un coup d’œil sur diverses publications récentes pour apercevoir que la portée synthétique de cette science tend définitivement à être reconnue. Elle comprendra de plus en plus tout ce qui concerne la morphologie, l’anatomie, la physiologie et l’éthologie de l’homme, — cette dernière branche, n’étant comme on l’a vu, qu’une « physiologie externe », qui comprend notamment une partie de la psychologie humaine et la sociologie humaine toute entière.

Il n’existe pas d’autre science biologique générale ayant l’homme pour objet. Car toutes les activités humaines, industrielles, esthétiques, religieuses ou autres, sont des résultats des aptitudes anthropologiques de l’individu. L’homme ne fait pas du droit ou de l’industrie avec un autre outillage physique ou mental que celui qui lui sert à faire de l’art ou de la religion.

Mais la variété des activités humaines a fait surgir un ensemble de sciences

Chap. VIII.

Les synergies sociales.

§ 45. — Vue d’ensemble.

Chap. VIII.

Les synergies sociales.

§ 45. — Vue d’ensemble.

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qui retracent les diverses manières d'être des hommes sous l’impulsion de leurs besoins. Certains refusent à ces branches de la connaissance le nom de « sciences », par la raison qu’elles seraient purement descriptives, et ils réservent ce qualificatif à celles qui formulent les lois fondamentales des phénomènes. Mais pareil sens est bien limitatif et l’usage a dès longtemps reconnu comme « science », tout ensemble coordonné qui a pour objet de rendre intelligibles certains phénomènes déterminés.

Les principales sciences descriptives des activités humaines sont la science du langage, la démographie, la technologie, l’économie politique, le droit, la science politique, la science morale, l’esthétologie, la science des religions.

La tâche de toutes ces sciences est, comme le montre si clairement Seeley à propos de la science politique, d’apporter de l’ordre dans les faits observés, en les groupant avec méthode conformément à leur nature et à la logique.

La plupart d’entre elles ont un triple aspect : l’aspect actuel, l’aspect historique et l’aspect technique. Ainsi en est-il par exemple de la politique et de ses diverses subdivisions, comme la science des institutions; ainsi en est-il également de l’économie politique, qui a un côté technique si prononcé que d’aucuns ont voulu n’y voir qu’un « art » .

Toutes ces sciences rencontrent la sociologie humaine, tout comme elles, touchent les autres branches de l’anthropologie, et surtout la psychologie. Certaines ont cependant plus de contacts sociologiques que d’autres, parce que les activités qu’elles étudient sont plus spécialement interindividuelles (de là vient qu’elles portent souvent le titre de « sciences sociales »). C’est le cas, par exemple, de l’économie politique qui aura besoin, pour expliquer les phénomènes, de nombreuses clés d'interprétation sociologiques, — qu’elle trouvera surtout dans la partie relative aux activités sociales acquisitives (voir pages 192 et suivantes). Mais elle n’aura pas moins besoin des autres départements de l’anthropologie : c’est parce qu’au lieu de considérer « l’homme », c’est-à-dire un être morphologiquement, anatomiquement, physiologiquement et éthologiquement déterminé, elle a pris pour objet 1 ’homo œconomicus, qu’elle s’est tant discréditée. La sociologie humaine seule sera impuissante à la galvaniser : c’est l’homme sous tous ses aspects qu’elle doit revendiquer, pas seulement l'homme sous son aspect sociologique :

« Ziel und Ausgangspunkt unserer Wissenschalt ist der Mensch, » (notre science part de l’homme et aboutit à l’homme) disait fort exactement Roscher.

Référence à Siîklky dans Introduction to political science, pp. 36i etss.

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