PREMIERE PARTIE : LA SOCIOLOGIE
habitudes présentes : pour employer l’expression d’EMERY, « le passé éthologique laisse souvent des traces profondes dans les coutumes des animaux : l’abeille domestique suspendue en essaim, attache quelquefois encore un rayon de cire à la branche d’un arbre, comme font certaines espèces de l’Inde, qui ont conservé des mœurs plus primitives ».
A un point de vue analogue, Dollo a montré, par ses études sur les chéloniens fossiles, l’utilité des contributions éthologiques pour la classification des êtres et leur phylogénie. Il s’est servi aussi, pour démontrer la station droite de l’iguanodon de Bernissart, d’une preuve éthologique bien particulière : le témoignage fossile de l’empreinte des pas de ce dinosaurien. C’est, entin, l’éthologie qui lui fournit les démonstrations les plus sûres de Y irréversibilité de l'évolution , en vertu de laquelle un être ne reprend jamais exactement un état antérieur, même s’il se trouve placé dans des conditions d’existence identiques à celles qu’il a traversées.
Que l’on considère enfin que l’éthologie est à la base de toutes les questions soulevées par les phénomènes de migration : la ségrégation des individus émigrés, leur élimination ou leur transformation, la cause des migrations, la formation des instincts migrateurs, les modalités de l’acclimatation dans les milieux nouveaux, les facteurs pathogéniques qui les caractérisent, etc.
Sur l'adaptation des êtres à leur milieu.
§ 2. — L'éthologie.
Toutes ces choses s’appellent en éthologie humaine : anthropogéographie, démographie, hygiène, topographie médicale, colonisation, émigration ; mais elles semblent réaliser, de la façon dont elles sont présentées le plus souvent, des manifestations d’un Règne spécial de la nature, sans lien avec les grands phénomènes de la vie, sans rapports avec les catégories scientifiques où ils viennent se ranger.
Qu’importe, dira-t-on, la rubrique, si les phénomènes n’échappent pas à l’attention de l’observateur ?
Certes, la rubrique n’est rien, mais le point de vue est tout. S’il est un, les méthodes seront unes, les rapprochements se multiplieront; les efforts étant coordonnés seront plus productifs et, pour tout dire, la science entière se trouvera illuminée par les clartés portées dans chacun de ses recoins.
Ce ne sont là que de très sommaires indications sur le vaste champ
Extrait cTEmery, dans Ethologie, phylogénie et classification, p. 173.
Références à Dollo, par exemple: Eochelone Brebanlica; Les dinosauriens adaptes à la vie quadrupède secondaire; Les lois de l’evolutkn.
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Sur l'adaptation des êtres à leur milieu.
— litho-
logie.
d’études réservé à l’éthologie. Suivant l’exacte expression d’EMERY, son domaine comprend « l' ensemble des phénomènes dont l'analyse physiologique n'est pas faite ou n'est meme pas faisable dans le moment actuel... Dans un avenir certainement encore lointain, éthologie et physiologie ne feront plus qu'un ;... des rapports de dépendance mutuelle entre les faits d’observation se montreront toujours plus nombreux, permettant peut-être un jour d'établir de véritables formules ».
Ce jour-là, la botanique, la zoologie et l’anthropologie seront devenues des sciences exactes.
Ces lignes étaient écrites, lorsque, pendant la correction des épreuves, j’ai reçu la dernière publication delà Carnegie Institution of Washington, consacrée par Gulick à Evolution , racial anl habitudinal ; si j’en avais eu connaissance plus tôt, je n’aurais pas écrit ci-dessus qu’aucun traité n’avait été consacré à l’éthologie et j’aurais pu montrer abondamment les acquisitions déjà faites par cette science. Je dois me borner à donner ici, à titre d’indication générale, un résumé de la table des matières du livre : « Les lois bionomiques (éthologiques). — L’évolution de l’espèce naturelle. — La divergence au sein d’un même milieu. — Les quatre principes de ségrégation. — Classification formelle des principes de l’évolution allogamique. »
Extrait d’EMERY dans Ethologie, phylogénie et classification, p. i63.
Id. de Gui.ick dans Evolution racial and habitudinal, pp. vu et ss.