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CHAPITRE II

Le milieu vivant et le milieu social.

§3. — L’interdépendance végétative.

La simple réflexion indique que l’ambiance extérieure dont l’éthologie a pour tâche d’étudier les relations avec l’individu comprend des éléments très divers.

Dans le passage de la Generelle Morphologie , reproduit page 3i, Haeckel groupait ces éléments en deux grandes catégories : d’une part, les conditions (inorganiques d’existence, climat, lumière, aliments anorganiques, etc.; d’autre part, les conditions organiques, se ramenant à Y ensemble des relations de l'organisme avec les autres organismes qu'il rencontre.

Tous les auteurs qui, après lui, se sont occupés de définir le point de vue éthologique ont fait allusion à cette subdivision des facteurs composant le milieu : elle est dans la nature même des choses.

Semper subdivise son ouvrage en deux parties : I. Die Einflüsse der leblosen Umgebung (Nahrung, Licht, Temperatur, unbewegtes Wasser, ruhende Luft, bewegtes Wasser, Stromungen, andere Existenzbedingungen. II. Die Ein fliïsse der lebenden Umgebung. (I. Les actions du milieu non vivant [nourriture, lumière, température, eau stagnante ou courante, air tranquille, courants, etc.]. II. Les actions du milieu vivant.) Mais il consacre à peine une centaine de pages à la seconde partie, alors que la première en comprend plus de quatre cents.

Is. Geoffroy-St-Hilaire est malheureusement mort trop tôt pour pouvoir réaliser le programme qu’il avait, avec tant de perspicacité, assigné à

Référence à Semper dans Die natürlichcn Existenzbedingungen der Thiere, tables des matières.

INSTITUTS SOLVAY (SOCIOLOGIE) 3

Chap. II.

Le milieu vivant et le

milieu social.

§ 3. — L’interdépendance végétative.

Chap. II.

Le milieu vivant et le

milieu sooial.

§ 3. — L’ interdépendance végétative.

l’éthologie : son Histoire naturelle générale des régnes organiques est restée incomplète. Mais il n’est pas douteux qu’il apercevait le double aspect de l’étude à entreprendre : « C’est à l’éthologie, dit-il à la page 285 du tome II, qu’appartient l’étude des relations des êtres organisés. »

Darwin a d’ailleurs insisté en divers endroits de l 'Origine des espèces sur ce fait que les rapports d’organisme à organisme sont les plus importants de tous les rapports mésologiques.

Étant ainsi admis que l’éthologie a à connaître de deux ordres de relations entre l’individu et son milieu :

i° les relations avec le milieu cosmique (inorganique) ;

2° les relations avec milieu vivant (organique), il sera, pour l’objet du présent travail, inutile de s’arrêter à la première catégorie : seul le milieu vivant sera pris ici en considération .

Or, si l’on jette un coup d’œil d’ensemble sur la distribution des êtres dans la nature, on aperçoit aussitôt un grand fait dominant, que j’appellerai l’interdépendance végétative des êtres organisés.

Le grand cycle nutritif qui unit les activités vitales des végétaux à celles des animaux en constitue une preuve banale : les animaux empruntent leurs aliments soit à d’autres animaux, soit aux végétaux verts; ceux-ci possèdent la propriété de pouvoir s’assimiler par leur partie aérienne le carbone de l’anhydride carbonique de l’air, et par leur partie souterraine les principes azotés du sous-sol, c’est-à-dire qu’ils se nourrissent de substances inorganiques. Et ces substances inorganiques sont sans cesse régénérées par les animaux eux-mêmes.

Cette interdépendance générale des deux règnes organiques ne se rencontre pas moins entre les espèces animales et végétales elles-mêmes. Chacune de celles-ci a, en effet, ses aires de dispersion caractéristiques, et la multiplicité des espèces est telle que beaucoup de ces aires se recouvrent, si bien qu’il n’est sans doute pas un endroit de la planète où de nombreuses espèces, soit végétales, soit animales, n’aient un habitat commun.

Référence à Darwin dans l 'Origine des espèces, notamment aux chapitres III et XII.

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