PAK
Ernest SOLVAY
Le fondateur de l’Institut de Sociologie a voulu, dans ces quelques pages, formuler les conclusions fondamentales auxquelles il a été conduit et montrer les liens étroits qui, selon lui, unissent les phénomènes sociologiques aux phénomènes biologiques.
Les uns et les autres émanent de l’énergie universelle; édifier une sociologie positive revient ainsi à rattacher l’étude des groupements sociaux à l’Energétique, qui domine aujourd’hui toutes les sciences de la nature. Or, la vie d’un individu supposé isolé se manifeste d’une part par une expression physiologique, d’autre part par une expression psychologique des réactions organiques, c’est-à-dire physico-chimiques dont il est le siège. M. Ernest Solvay condense en deux formules mathématiques cette double expression.
Puis, il recherche les modifications qu’il faut faire subir à ces formules pour les adapter au cas d’un individu non plus isolé, mais vivant en société. L’auteur remarque à ce propos que, de même que l’on ne saurait considérer une société comme étant simplement une somme d’individus, de même l’énergie d’un groupement n’est pas, purement et simplement, la somme des énergies individuelles utilisables des hommes qui le composent. Il observe aussi que, dans les formules fixant les valeurs énergétiques de la société, la capacité intellectuelle productive de chaque individu fait intervenir un terme fort important où se mesure la valeur sociale des résultats du travail cérébral.
Pour terminer cet exposé de principes généraux, M. Ernest Solvay fait voir que la conception énergétique de la société et le système de formules mathématiques qui en dérive dégagent les grandes directions du progrès humain.