‹ Esquisse d'une sociologieChapitre 34 sur 143 · PREMIÈRE PARTIE : LA SOCIOLOGIE (il · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE : LA SOCIOLOGIE (il

vvhich, apart from their utilitarian purposes, are, together with dancing and singing, mere manifestation of an excess of forces, the « ioy of life », and a desire to communicate in sonie way or another with other individuals of the same or of other species — in short a manifestation of sociability proper, which is a distinctive feature of ail the animal world » | italiques de l’auteur]. (Beaucoup de jeux servent pour ainsi dire aux jeunes comme apprentissage de leur vie ultérieure, mais il y en a d’autres qui, en dehors de leur objet utilitaire apparaissent avec leur mélange de danses et de chants comme de réelles manifestations d’un excès d’activité, de la « joie de vivre » et du désir d’entrer en rapport de l’une ou l’autre façon avec des individus de la même espèce ou d’une autre espèce; ce sont, en un mot, des manifestations de cette vraie sociabilité qui est une caractéristique de tout le monde animal.)

Cette opinion pourrait être éclairée par des observations analogues à celles que Groos a groupées dans deux chapitres de Les jeux des animaux et Die Spiele der Menschen ; mais il est certainement prématuré de la mettre à la base d’une théorie de l’affinité sociale.

En résumé, dans les conditions actuelles des connaissances, on ne peut conclure autrement que Is. Geoffroy-Saint-Hilaire qui écrivait, il y a un demi-siècle, au sujet des phénomènes sociaux : ils « résultent chez les êtres où on les observe, de conditions spéciales d’organisation et d’un mode particulier de vivre, en un mot, de circonstances propres à ces êtres » (italiques de l’auteur).

Et ceci montre combien il est nécessaire de se garder de considérer l'affinité sociale comme une entité biologique particulière.

Assurément, on peut observer des degrés, ou, pour mieux dire, des « moments » dans les manifestations de l’affinité sociale ; mais on aura soin de ne pas y voir une « évolution », un enchaînement phylétique propre, alors qu’il s’agit seulement d’états généraux de la sensibilité physique. Ce serait une remarque à mettre en tête du chapitre que Sutherland s’excuse de n’avoir pas inséré dans son étude sur l’origine et le développement de l’instinct moral :

« I had written a chapter showing how radically different must hâve been the

Référença à Groos dans Les jeux des animaux, pp. 206 et ss., et dans Die Spiele dey Menschen, pp. 430 et ss., et pp. 5i6 et ss.

Extrait de Is. Geoffroy-Saint-Hilaire dans Histoire naturelle générale des règnes oraaniques, t. II, p. 299.

Extrait de Sutherland dans The origin and grewth of the moral instinct, t. II, p. 1.

Chap II.

Le milieu vivant et ie

milieu social.

S 5. — l'affinité sociale.

Chap. II.

Le milieu vivant et le

milieu social.

§ 5. — L'affinité sociale.

nervous organisation of thecrowdsof former da.ys,who gathered in eager zeal to watch the torture of men and women, from that of a cultured lady or gentleman of our own time who would shrink with horror from the thought of witnessing a scene so agonising and would give a fortune rather than be compelled to take any part in what our ancestors undoubtedly enjoyed. » [Les italiques ne sont pas dans l’auteur.] (J’avais écrit un chapitre montrant quelle différence radicale a dù exister entre l’organisation nerveuse des foules primitives qui contemplaient avec avidité la mise à la torture d’hommes et de femmes, et celle d’une dame ou d’un monsieur de notre temps, qui s’épouvanteraient à la seule idée d’ètre témoins d’un tel spectacle et donneraient une fortune plutôt que d’être contraints à participer à ce qui comblait nos ancêtres de plaisir.)

Avant, d’ailleurs, que ce chapitre puisse être écrit en connaissance de cause, la science de la structure cérébrale, encore en formation, devra avoir achevé l’exploration de plus d’un domaine dont l’existence même est aujourd’hui à peine soupçonnée.

Mais, sans pouvoir être à présent rattachée aux processus physiologiques qui la déterminent, l’affinité sociale est assez nettement définie par les phénomènes réactionnels auxquels elle donne lieu, pour que l’on puisse considérer ceux-ci à part et en coordonner l’investigation en une science particulière.

Cela revient à isoler dans le milieu vivant les individus de même espèce, sans distinction de sexe.

La partie du milieu ainsi détachée par la pensée s’appellera le milieu social ; celle des sciences biologiques qui en fera son domaine sera l’éthologie sociale ou, puisque le mot existe déjà, la sociologie.

La sociologie apparaît ainsi, par la force même des faits, comme étant la science, on pourrait presque dire la physiologie des phénomènes

RÉACTIONNELS DUS AUX EXCITATIONS MUTUELLES DES INDIVIDUS DE MÊME ESPÈCE SANS DISTINCTION DE SEXE.

Les rapports de la sociologie avec les autres sciences de la vie apparaissent dans le schéma ci-contre.

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