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PREMIERE PARTIE : LA SOCIOLOGIE

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Donc, si l’on voulait, 1’ « homilétisme » désignerait parfaitement l’affinité sociale propre aux hommes.

De toute façon, un choix s’impose, car on est ici à un carrefour scientifique; si l’on ne prend pas toutes les précautions nécessaires, on perdra la route.

Chap. III

Les phénomènes sociaux en sociologie comparée.

S 7. — Sociologie humaine et sociologie animale.

Tous les observateurs se trouvent contraints à ce choix et à reconnaître aux manifestations sociales des hommes une signification distincte.

Il suffira de rappeler quelques opinions caractéristiques.

J.-C. Houzeau observe que « les sociétés d’insectes, d’oiseaux et de mammifères ont, dans chaque espèce, un seul et même caractère. Si l’on se borne aux traits généraux, sans descendre dans les détails, ni dans les dispositions locales, on peut dire que quiconque a examiné un nid de fourmis rouges, a vu tous les nids de cette espèce de fourmis. Tous, en effet, se ressemblent intimement. Ils sont organisés d’après un même t3'pe, et ne forment qu’un seid et même tableau. Il en est de même pour toute autre espèce animale. Une société d’abeilles est partout ordonnée suivant un même plan. Un village de castors a partout le même aspect et le même caractère. Mais quand nous considérons, au contraire, l’espèce humaine, nous observons des sociétés de différents modèles. »

Houzeau établit donc le critérium de distinction dans la perfectibilité qu’il attribue, au surplus, dans un autre passage, à la continuité intellectuelle propre aux hommes Lameere, dans ses Associations biologiques, dit qu’un domaine spécial commence « là où les organismes associés ont conscience de leur état social et que ce phénomène ne se présente que pour l’homme » .

De leur côté, Morat et Doyon écrivent dans leur Traité de physiologie: « L’instinct dirige non seulement la vie individuelle des animaux, mais aboutit chez nombre d’entre eux à des organisations sociales ayant quelque analogie avec les sociétés humaines .. L’homme, lorsqu’il est témoin de ces actes, les rapproche volontiers de ceux par lesquels se manifeste sa propre intelligence. La similitude des effets l’induit à admettre une similitude entre les procédés psychiques d’exécution. Mais cette dernière n’est qu’apparente. Il suffit de mettre l’animal en présence de difficultés que la raison humaine résoudrait facilement, pour s’assurer de la différence qui existe entre elle et l’instinct. »

De telles considérations soulèvent les problèmes insolubles de la Conscience et de la Raison, et donnent certainement une base trop fragile à la distinction qui nous occupe.

Allant plus loin encore dans cette voie, le Text-Book of Sociology, que Dealey et Ward viennent de publier, s’ouvre par cette déclaration «que les phénomènes sociaux chez les animaux sont différents de ceux des hommes, parce que les premiers sont « instinctifs et naturels » tandis que les seconds sont « rationnels et artificiels » : par suite, l’homme n’est pas « naturellement» un être social, puisque les rapports sociaux ne sont nés chez lui que comme des produits de sa raison, voulus par lui en raison des avantages qu’ils lui procuraient ». (« Man is not natuvally a social being ; human society is purely a product of his reason and arose by insensible degres, pari passa with the development of his brain. In other words, human association is the resuit of the perceived advantage which it

Extrait de Houzeau dans Les facultés mentales des animaux, p. 5oi. Id. de Lameere dans Les associations biologiques, p. i.

Id. de Morat et Doyon dans Traité de physiologie, t. II, p. 443. Id. de Dealey et Ward dans A Text-Book of Sociology, p. x.

Chap III.

Les phénomènes sociaux en sociologie comparée.

§7. — Sociologie humaine cl sociologie animale.

yelds and came into existence only in proportion as that advantage was perceived by the only faculty capable of perceiving it, the intellect. For thèse reasons, human society is generically distinct from ail animal societies. It is essentielly rational and artificial, while animal association is essentially instinctive and natural. »)

On voit aisément combien cette manière de présenter les choses aboutit à créer un abime entre les phénomènes sociaux des animaux et ceux des hommes : dire qu’ils sont generically distinct , c’est établir entre eux des différences qualitatives-, dire, comme cela a été exposé plus haut, qu’ils sont dus à une simple divergence d’évolution, c’est reconnaître que les différences sont seulement quantitatives . Donner à des manifestations sociales que l’observation différencie ainsi quantitativement, deux appellations distinctes, — animaux « allophiles », hommes « sociables », — c’est simplement, pour la facilité des exposés et la clarté du langage, qualifier « autrement » des choses que l’on sent et que l’on voit « autres » dans la réalité.

Une conséquence importante pour la sociologie apparait ici. C’est que la sociologie comparée des hommes et des animaux ne pourra pas éclairer la sociologie humaine « comme telle ».

Je voudrais beaucoup que l’on ne se méprit pas sur la portée de cette phrase : j’y insiste donc.

La sociabilité propre aux hommes n’étant qu’un aspect de l’affinité sociale, il est bien évident que l’on va découvrir chez les hommes, surtout chez les hommes dits « primitifs » (voir page 79), une quantité de manifestations sociales analogues à celles que dégagera l’observation des animaux : ainsi, J. C. Houzeau a esquissé une sociologie comparée de l’homme et l’animal. Il s’agit, on le devine, de son ouvrage sur Les facultés mentales des animaux comparées à celles de l’homme. La première partie est consacrée

àl’ Automate, la deuxième à Y Etre intelligent, la troisième à Y Etre sociable : voici la table des matières de cette dernière partie. Je ne donne les détails que pour la troisième section, intitulée Sociabilité; la première section concerne le langage; la seconde, la famille.

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