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DEUXIÈME PARTIE : L' ANALYSE SOCIOLOGIQUE

the Evolution of man : l’étude tout entière est dominée par l’idée qui vient d’être rappelée, et qui apparaît avec force dans les chapitres : i he Child as revealer of the Past (l’enfant révélateur du passé); — The Child and the Savage (l’enfant et le sauvage); — The Child and the Criminal (l’enfant et le criminel); — The Child and the Woman (l’enfant et la femme).

Les sources et la méthode.

g 13. — La iloc trine aclualislc.

§ 14. — L’inventaire sociologique du langage.

Au point où l’on est arrivé, il ne resterait plus qu’à aborder l’analyse § «■ — t’in-

... , vcntaire sociologi-

sociologique proprement dite — su ne convenait de signaler, au préalable, que du langage, un fait, qui est de nature à faciliter sérieusement la tâche.

La matière même de la sociologie existe, dénommée et, en quelque sorte, débrouillée, et c’est un privilège réservé à cette science de posséder, avant même d'ètre constituée, un inventaire de son domaine.

La vie des hommes, en effet, n’a pu s’écouler, leurs activités n’ont pu se dépenser, sans donner naissance à d’innombrables interférences sociales, lesquelles sont la trame même de la sociologie. Or, doués du langage articulé, ces hommes ont effectivement senti la contrainte de l’expression verbale, et à mesure que s'augmentaient leurs potentialités mentales, ils ont dû observer, définir, nuancer les formes sociales qu’ils créaient, parce qu’ils en vivaient, parce qu'elles étaient leur vie même.

Les primitifs Australiens n’ont pu procéder à aucune cérémonie totémique sans devoir aussitôt se la figurer sous une forme verbale ; les dénominations d’Engwura, d’Intichiuma recouvrent des activités sociales bien déterminées. Les Romains n’ont pu édifier leur droit sans qualifier les rapports sociaux, dans la langue usuelle ou dans la terminologie juridique. Les Américains de nos jours ont fait connaître au monde à la fois l’organisation des trusts et leur nom. Les ouvriers anglais ont bien dû appeler d’un terme nouveau, collective bargain, l’état nouveau de leurs relations avec les associations industrielles.

On le voit : les résultats des activités sociales des hommes apparaissent avecnetteté dans le langage. Combien en est-il davantage encore de ces activités ellesmêmes et des sentiments qui les commandent! Quelles richesses d’aspects dans cette hiérarchie du « respect » qui part de la « déférence » et s’échelonne à travers les « égards r , 1’ « estime », la « vénération », le « culte », — ou dans le diapason de la « civilité », où se marquent les nuances de 1’ « amabi-

Chap. IV. Hté », la « complaisance », la « courtoisie », la « galanterie », 1’ « urbanité »,

Les sources .

et la méthode, la « politesse », 1 « obséquiosité »!

s 11. — L’in- Il est 'à peine besoin de noter que cette notation linguistique des phéno-

vcnlairc sociologi- . , . , ....

que du langage, menés n existe dans aucune autre branche des sciences biologiques, parce que généralement elles commencent à étudier un aspect quelconque des êtres, avant qu’il ait reçu un nom. Par contre, le fait est aussi vrai de l’éthologie humaine en général : nourriture, outils, opérations industrielles ou esthétiques, toutes les adaptations extérieures des hommes à leur milieu figurent, pour les- mêmes raisons, dans leur langage. Si les relations sociales, surtout, y ont marqué leur empreinte, c’est que, comme il a été dit plus haut (page 77), l'homme est devenu par excellence l'animal qui se forme par les autres individus de son espece.

Ainsi, par l’effet d’un mécanisme spontané, qui fait que le mot soude la chose à son signe, le vocabulaire Immain est une sorte d'inventaire avant la lettre de la sociologie.

Est-ce à dire qu’aucune abstraction ne sera plus requise? Autant vaudrait nier le rôle de la science. L’usage a abstrait, en sociologie, jusqu'où l'analyse banale de la vie sociale a conduit les individus les plus abstracteurs. Au delà, apparaît la tâche de la méthode scientifique.

La simple réflexion indique et l’observation confirme pleinement que non seulement le répertoire des mots est tout tissé de sociologie, mais qu’il en est ainsi de cet autre reflet des jugements humains, le répertoire des locutions, des clichés, des dictons, des proverbes, des maximes. Que l’on songe, par exemple à :

« Qui se ressemble, s’assemble. »

« Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es. »

« Il me prend pour quelqu’un de son espèce. »

« Je n’ai rien de commun avec ces gens-là. »

Ou encore à ces deux proverbes arabes : « Un figuier regardant un figuier apprend à porter des fruits », et « Ne regarde pas le dattier, car il ne parle pas à l’étranger. »

Ne trouve-t-on pas, dans ces six maximes, comme gravée par un burin, cette similitude spécifique d'organisation , qui est l’essence même de l’affinité sociale ? (Voir page 55.)

Que de phénomènes sociaux à dépister derrière cette parole de Y Imitation de Jésus-Christ : « Toutes les fois que j’ai été parmi les hommes, j’en suis revenu moins homme », — ce que le Dr Stockman, dans L'ennemi du peuple d’ Ibsen, redit ainsi : « L’homme le plus fort est celui qui vit seul », à quoi répond cette autre locution : « L’homme aiguise l’homme. »

Les fondateurs de la Nationalité belge n’ont-ils pas compris l’utilité éner-

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