‹ Esquisse d'une sociologieChapitre 73 sur 143 · DEUXIEME PARTIE : L’ANALYSE SOCIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE : L’ANALYSE SOCIOLOGIQUE

tibles, et cette augmentation de suggestibilité provient de causes complexes : le désir de répondre vite, la disposition au fou rire, etc. ;

« 3° Beaucoup d’enfants imitent les réponses des autres enfants. Cette contagion de l’exemple constitue un des caractères les plus marqués de la psychologie des groupes. »

J’ai tenu à parler assez longuement de ces recherches sur la suggestibilité, parce qu’elles constituent, tout comme l’enquête sur les Boys’ gangs (voir page io3), un exemple représentatif d’un des aspects de la sociologie expérimentale.

On aperçoit, au surplus, combien d’éléments pourraient être dégagés, en modifiant les conditions de l’expérience; par exemple, en la renouvelant dans des groupes où figureraient des adolescents différant par le sexe, la condition, l’àge, la considération, etc.

Les influences exercées par la vie sociale sur l’adolescent sont d’ailleurs multiples : dans un autre ordre d’idées, Mayer a fait l’expérience suivante sur quatorze garçons d’une école de Würzbourg : il leur a fait faire, d’abord réunis, puis isolés, divers travaux, dictée, calcul mental et écrit, etc., toutes les précautions étant prises pour que « toutes les autres choses fussent égales ». L’expérience a mis en évidence les avantages de l’enseignement en commun : le travail s’est trouvé meilleur et plus rapide.

A un autre point de vue, l’absence d’une direction dans le développement en commun des adolescents, paraît multiplier les dangers de régression, parce que « it stimulâtes every wider vicarious expression of the social instinct. Each taste and trait can jind congenial companionship in otliers and thus be stimulated to more intensity and self consciousness ». (Elle tend à exacerber toute manifestation secondaire de l’instinct social. Chaque inclination, chaque trait de caractère peut trouver son homologue dans d’autres individus et ainsi prendre corps et se fortifier.) Je cite à dessein ce passage de Stanley-Hall et j’y souligne une expression, parce qu’elle est topique au point de vue des manifestations spontanées de l’affinité sociale.

Référence à Mayer clans Uébev Einzel- und GesammtleisUtng des Schulkitides. Extrait de Stanley-Hall dans Adolescence, t. II, p. 39g.

Chap. VI.

La formation sociale.

S 19.— La plasticité sociale de l'adolescent.

§ 20. — Pathologie de la formation sociale.

Chap. IV.

La formation sociale.

§ 20. — Pathologie de la formation sociale.

L’étude des manifestations sociales d’ordre pathologique pourra ici, comme dans toutes les études biologiques (voir page 88) apporter de très utiles contributions à l’étude de la sociogenèse individuelle. D’une façon générale, l’ensemble des cas observés par la « pédagogie des anormaux » fourniraient un grand nombre de ces contributions, si le point de vue proprement sociologique y était noté avec plus d’attention à côté des autres points de vue, non moins importants d’ailleurs, qui occupent le pédologiste moderne. Un premier travail consisterait donc dans le dépouillement des monographies déjà publiées.

Il y aurait naturellement lieu de mettre à part, dans cette étude, les adolescents qui ne présentent aucun degré appréciable de sociabilité, notamment les types parfaits d’idiots et de crétins, et ceux que le Dr Ley, par exemple, considère sous la dénomination d’ « arriérés mentaux » : ceux-ci ont, au contraire, une sociabilité susceptible d’éducation et de développement. — Le cas du Sauvage de l’Aveyron, que j’ai déjà cité à un autre point de vue, révèle divers faits relatifs à l’éveil des sentiments sociaux.

Les cas pathologiques prêtent, d’ailleurs, à une double série d’observations : d’abord celles dont il vient d’être question, ensuite celles de nature à dégager les dispositions sociales manifestées à l’égard des « déficients » par des adolescents normaux (moqueries; mépris; « souffre-douleur »).

Ces deux questions se posent aussi : comment se manifeste l’affinité sociale dans les cas de dégénérescence héréditaire? le déséquilibre de la sensibilité agit-il suivant une même direction? Et, d’autre part, quelle est, dans la pathologie de l’affinité sociale, la part de l’éducation, de l’imitation en général, des divers modes d’adaptation de l’enfant à son milieu social?

Référence à Ley dans L'arriération mentale, pas sim.

Id. au ■< Sauvage de l’Aveyron » dans Rapports et mémoires sur le Sauvage de l'Aveyron, notamment pp. g3 et ss.

Page 1