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DEUXIÈME PARTIE : L’ANALYSE SOCIOLOGIQUE

Ions cette homologie comme me l’a suggéré mon collègue helléniste Alpii. Willems, synéthique (o-ùv, avec; pour y$oç, voir page 56), c’est-à-dire « correspondant à des habitudes identiques » , plus exactement à une potentialité réactionnelle identique; l’opposé de « synéthique » sera alléthique (aXXoç, autre). L’individu qui réagit synéthiquement avec un autre est donc celui qui « se retrouve », qui « se reconnaît » par quelque côte dans cet autre.

Si, à présent, on suppose que cette génération en éduque une seconde identique à elle-même, et que jusqu’au moment où cette éducation prend fin, aucun individu de la première n’ait subi dans sa personnalité sociale de changement appréciable, c’est-à-dire pour employer la terminologie géologique, qu’aucun n’ait modifié sa position strati graphique, il arrivera que cette seconde génération recouvrira exactement la première. Cela ne se produira pas ainsi, parce que tous les individus de la génération nouvelle ne seront pas doués des mêmes aptitudes congénitales et acquises que les premiers, si bien que l’entrée de cette seconde génération dans la vie sociale aux côtés de la première va modifier l’allure des strates synéthiques. Par là, les aînés vont se trouver en partie « désaccordés » : A, par exemple, pourra se sentir plus en harmonie, au point de vue de la croyance religieuse, avec M de la nouvelle génération qu’avec B de l’ancienne, et ainsi de suite.

En fait, le phénomène est infiniment plus complexe, mais il reste semblable à lui-même.

Si, par la pensée, on embrassait tous les individus de l’espèce humaine, on pourrait ainsi se les représenter comme répartis en innombrables strates synéthiques, dont l’allure capricieuse ne recouvrirait d’ailleurs aucune des subdivisions politiques, ni géographiques courantes : les individus appartenant aux classes inférieures du Midi de l’Italie ont pour synéthiques les nègres et les Peaux- Rouges, sous le rapport des préjugés, de la conduite morale, etc. (Niceforo).

C’est, en somme, ce que contenaient déjà les notions de « Primitif » et de «Civilisé», dégagées plus haut (voir page 79): la synéthie et l’alléthie impliquent, en effet, comme ces notions, des degrés différents dans le développement de la sensibilité physique des divers individus, c’est-à-dire dans leurs potentialités réactionnelles respectives.

On notera aussi que c’est sur la synéthie sociale que reposent les phénomènes souvent observés de parallélisme mental, vulgairement de télépathie :

Chap. V.

La formation sociale.

§ 21. — La notion de synéthie sociale.

Référence à Niceforo dans Les classes pauvres, pp. 142 et ss. INSTITUTS SOLVAY (SOCIOLOGIE)

Chap. V.

La formation sooiale.

§ 21. — La notion de synétliic

deux ou plusieurs individus « se retrouvant » plus ou moins les uns dans les autres continuent à réfléchir sur un sujet qu’ils ont considéré en commun, et il en résulte des coïncidences d’intuitions. (Vaschide, Piéron et Mélinand.) Au point de vue sociologique, ce parallélisme mental aboutit, d’ailleurs, à renforcer la synéthie, les individus convergeant de plus en plus les uns vers les autres.

Référence à Vasciiidr, Pirron et Mélinand clans Les phénomènes de teUpatliie, passim et notamment p. 139.

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