VANT-PROPOS
progrès mêmes de l’investigation biologique; il n’est ni artificiel, ni superficiel.
En dehors de ce caractère délibérément incomplet, le travail prête le flanc à bien d’autres critiques : destiné à des personnes qui ne sont, en général, pas plus familiarisées que je ne l’étais moi-même, par mes études antérieures, avec les données des sciences biologiques, il paraîtra aux unes trop sommaire et aux autres trop spécial.
Des questions fondamentales pour les biologistes, et en particulier pour les psychologistes, sembleront avoir été effleurées avec légèreté : au jugement des uns et des autres, des choses évidentes auront été inutilement répétées, et des choses essentielles auront été omises.
D’aucuns estimeront que l’imagination et l’abstraction, ces deux outils nécessaires à toute science, jouent un rôle exagéré; d’autres penseront que j’ai eu tort de ne voir que les choses banales, de rejeter toute téléologie, de dénoncer les clichés dont le langage est criblé, de ne pas conserver à certains mots leur valeur de symbole magique, qui les dispensait d’avoir un sens précis.
Tous, en général, regretteront de voir une science, qui prêtait si excellemment à ce que l’on appelait dernièrement les « grandioses constructions sociologiques », ramenée à un niveau si inférieur et assujettie à des besognes si vulgaires.
Je ne me résous à affronter ces critiques et bien d’autres, qu’en cédant à l’impression de confiance que m’ont laissée tant d’encouragements que j’ai reçus : de la part du fondateur de cet Institut, M. Ernest Solvay, de qui vient l’orientation même de tout le travail; de la part de nombreux amis et collègues, parmi lesquels je dois citer le Dr A. Claus et L. Wodon, qui a bien voulu, en outre, revoir les épreuves de ces pages; de la part, aussi, de tous ces auteurs, dont le nom seul m’est connu et qui m’ont apporté, par la lecture de leurs écrits, tout ce qui peut se rencontrer de vrai dans le mien.
J’ai trouvé en divers collaborateurs un concours intelligent que je suis heureux de signaler : MlleGuyot a fait de nombreuses recherches
de sociologie animale, dans l’encyclopédie de Brehm; M. Chr. Beck s’est chargé d’un dépouillement lexicologique, dont la portée est expliquée au cours du travail; enfin, MM. Grenez et Louveigné m’ont fourni des documents empruntés à l’histoire, à l’ethnographie et au folklore.
E. Waxweiler.
Janvier 1906.