DEUXIÈME PARTIE : L'AXA LYSE SOCIOLOGIQUE
ments sociaux que permettent ou provoquent la connaissance de plusieuis langues, la diffusion de la presse, les propagandes et les agitations diverses, aboutissant à faire naître des impressions de similitude à l'egard d’individus jusque-là ignorés ou méconnus.
Dans cet ordre d’idées, des procédés d’inter-communication aussi caractéristiques que celui-ci sont intéressants à signaler :
Il vient de se constituer en Allemagne une société intitulée Deutsche Briefgescllschaft (Association allemande de correspondance); la circulaireprospectus est, en fait, un document sociologique tout à fait topique, notamment au point de vue de la notion de synéthie sociale. On y lit ceci (les italiques ne sont pas dans le texte) :
« Die « Deutsche Briefgesellschaft » verlolgt den Zweck, eine persônliche V erbindun g zwischen ZJnbekannten, fern von einander wohnenden zu vermitteln, die, auf Grund gleicher Bestrebungen , Neigungen oder Interessen, einen brieflichen Gedankenaustauch mit einander für Wünschenswert halten.
« Hunderte und Tausende, im Vaterlande wie im Auslande, verfolgen in irgend einer Richtung gleiche Ziele, ohne sich auch nur dem Namen nach zu kennen. Sie aile fühlen mehr oder weniger das Bedùrfnis sich kennen zu lernen, Anschluss zu suchen, sich gegenseitig an zu regen und zu unterstützen. Es soll nun die Aufgabe der « Deutschen Briefgesellschaft » sein, ail die Gleichstrebenden, Gleichgesinnten, an gleicher Sache Beteiligten mit einander bekannt zu machen, ihnen den V erkelir unter sich zu ermôglichen. » (La Deutsche Briefgesellschaft a pour objet d’établir des relations personnelles entre des personnes ne se connaissant pas, éloignées les unes des autres et désireuses d’entrer en rapports mutuels, en raison de leur similitude d'activités, de tendances ou d'intérêts. Des centaines et des milliers d’individus, aussi bien en Allemagne qu’à l’étranger, poursuivent, dans l’une ou l’autre direction, les mêmes buts , sans même se connaître de nom. Ils éprouvent tous plus ou moins le besoin d' apprendre à se connaître, de trouver les uns chez les autres appui, encouragement et protection. Ce sera la tâche de la Deutsche Briefgesellschaft de faciliter la connaissance réciproque et les relations de tous ceux qui ont ainsi les mêmes aspirations, les mêmes goûts ou les mêmes occupations.)
Chap. VI.
Les aptitudes sociales.
S 26. — Les désirs sociaux.
§ 27. — Pathologie de l’affinité sociale.
Chap. VI. Une confusion doit être évitée ici.
Les aptitudes ....
sooiaies. Comme je 1 ai rappelé plus haut (voir page 71), il n’est pas rare iug?e2de~i l’affinité ^'entendre appeler antisocial un acte commis par des malfaiteurs unis par sociale. les liens les plus étroits d’une association, c’est-à-dire parfaitement suscep-
tibles de réactions sociales. On est là en présence d’un emploi du terme « social » qui a été expressément écarté de la terminologie de la sociologie positive.
Un criminel, en effet, est un individu dont la sensibilité physique n’est pas distribuée comme celle du plus grand nombre des autres individus parmi lesquels il vit : il est, en somme, une variété de primitif (sur ce mot voir page 79). Les insuffisances ou les troubles de sa sensibilité apparaissent directement, par exemple, dans sa plus grande résistance à la douleur (tatouage), et indirectement dans ses dispositions psychiques. Mais elles n' aboutissent pas nécessairement à faire de cet individu un anormal sociologique : pour qu’il puisse être considéré comme tel, les insuffisances ou les troubles de sa sensibilité doivent affecter spécialement l’affinité sociale; en d’autres termes, il doit manifester une diminution ou une exaltation excessives de sa potentialité réactionnelle à l’égard des autres individus de l’espèce.
On aperçoit, d’ailleurs, qu’il n’est pas possible de tracer des limites précises à l’état normal ou pathologique de l’affinité sociale : il sera utile de se reporter pour ceci à ce qui a été dit des Dispositions sociales (§ 24).
On voit aussi combien il faudra éviter de tomber dans l’erreur de certains psychiâtres, qui ont distingué autant de formes d’affections nerveuses qu’ils découvraient de symptômes différenciant certains états pathologiques. On en arrive ainsi, suivant l’expression de Gley, à constituer en une maladie spécifique ce qui n’est qu’un « épisode de diverses maladies ». Quand on parle d’altération de l’affinité sociale, on doit bien se dire qu’au point de vue pathogénique, il n’y a là qu.’un effet de causes variées dont l’origine est dans un trouble de l’organisme, créant des dispositions psychiques spéciales.
Sociologiquement, ceci n’importe d’ailleurs pas. Dès que l’affinité sociale revêt une allure anormale, les activités se trouvent conditionnées corrélativement, et c’est ce retentissement qui intéresse essentiellement l’analyse ! sociologique.
L’étude des cas de pathologie sociale présente toutefois un intérêt explicatif propre. Gley, sans se placer au point de vue de l’affinité sociale en
Référence à Gley clans Études de psychologie physiologique et pathologique, pp. 281 et ss.
VIENT DE PARAITRE
Chez MISCH et THRON, éditeurs
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Travaux de I Institut île Sociolojjic (Instituts Solvay, Parc Leopoid, Bruxelles)
NOTES ET MÉMOIRES : Fascicule 5