ESQUISSE DE LA MORALE DE STENDHAL G
luxe OU vengeance (1). S'il lui arrive d'être gênée, elle le supporte courageusement, avec l'insouciance qui fut l'un des défauts, ou plutôt l'une des qualités dominantes de Stendhal.
Les distinctions extérieures, fonctions, honneurs, flattaient Beyle dune manière indiscutable, qiais ne faisaient pas pour lui l'objet de -désirs ardents. S'il avait vraiment voulu obtenir, en 1814, la Croix bleue de la Réunion, il aurait été plus persévérant. Si la place de commissaire des guerres, et, plus tard, celle de consul ne lui furent pas indifférentes, elles ne lui causèrent pas de plaisir bien durable. C'était d'ailleurs impossible pour une nature aussi éprise d'imprévu que la sienne. La véritable ambition seule importait à ses yeux, comme aux yeux de ses personnages. Fabrice, Julien, Lucien, comme la Sanseverina, ne se soucient guère des honneurs vains. Il leur faut du pouvoir, de l'action. Tout le reste les lasse et les ennuie... C'est là le signe qui les distingue et qui peut se résumer en ceci : l'homme doit développer concurremment ses facultés et ses appétits, par conséquent ses appétits de jouissance.