ESQUISSE DE LA MORALE DE STENDJBAL
purement, sensuelle liaison avec M'T>e Azur (1). Dans riiitervalle de celles-ci et après elles, il en eut bien d'autres. Lors d'un voyage qu'il fit à Londres, ne pouvant vivre sans amour, il allait passer ses soirées chez une fille de Westminster-Road (2). Plus tard, à Civita-Vecchia, il s'éprit de M"- Vidau, fUle d'une blanchisseuse, jusqu'à vouloir l'épouser, lui qui n'avait pas tari auparavant en diatribes contre le mariage ; mais un oncle de la jeune fille, ayant eu des renseignements sur la moralité de Beyle, s'opposa tout à fait à cette union et interdit au père de recevoir désormais le consul dans sa maison.
Jusqu'à la fin de sa vie, Beyle continua d'ailleurs à aimer les femmes et ne fut jamais blasé sur leurs ruses et leurs petites grâces. Dans la Vie de Henri Brîdard (3), il nous dit que pendant son second séjour à Paris, de 1836 à 1839, ses amours lui coûtent cent vingt francs par mois. Vers cette môme époque, il essaya de renouer avec Menta, mais n'y ayant point réussi, il se tourna vers l'aimable Jules (4), qui était depuis longtemps son intime amie, en même temps que sa correspondante fidèle (5). Celle-ci lui résista spirituellement, sans se départir jamais néanmoins de son rôle d'amie. Beyle ne se brouilla point avec elle, et lui écrivait encore en 1840. C'est qu'il ne croyait et ne pouvait pas croire à un échec en amour...
Les autres jouissances qu'il avait aimées lui restèrent chères dans la dernière partie de sa vie. Il eut toujpurs un vif sentiment de la beauté. Dans sa Correspondance, on voit quelle joie lui causait la découverte d'un sarcophage antique ou la vue d'un « genou sublime (6) ». Les arts le passionnèrent tous au même degré, quoique ce fut peut-être la musique qui domina dans son esprit. Il goûta presque autant de plaisir à Trieste et à Rome,
(1) Souvenirs cVégotisme, p. 24.
(2) Idem, p. 7G.
(3) Vie de Henri Brûlm^d, p. 18.
(4) Madame Jules Gauthier.
(5) Corresp. inéd., tome II, p. 63, 98, 100, 188, 191, 224, 23i, 239, 251,
(6) Correspondance inédite, tome II, p. 217.