‹ Esquisse de Rome chretienne (volume 2)Chapitre 36 sur 70 · ANO II ET DION! COSS · texte numérisé non relu

ANO II ET DION! COSS

(E cœmeler. S. Urbani. Boldeti, 1. I, c. xix, t. II, p. 89.;

VICTORIA . SPIRITA . VESTRA .

DE''S Ria'RIGERET . ZOTICE DVLCI.

lE lœmet. S. Callist. Koldet. , 1. II, c. vu, t. II, p. 417. j

Dieu, rafraîchissez les âmes des hommes (ou Fâme de l'homme) *.

Autonia,

douce âme,

en paix que

Dieu donne

le rafraîchissement 2.

Nous retrouvons aussi dans les épitaphes l'antique formule qui termine encore aujourd'hui la plupart de nos prières pour les morts : Qu'il repose en paix: Requiescat in pace.

Que le ^^^ le mette en paix 3.

Que ton esprit repose Lien en Dieu *.

Repose bien eu paix 5.

REFRIGERA DEVS ANIM IIOM.

(In musœo Vatic.)

ANTONTA AN

IMA DVLCI S IN PACE T

IBl DEVS REFRIGKRIT.

(t: Cœmet. Callist. Boldet., p 418.)

TE . IN . PACE ^<r . FACIAT.

(Moicelli, de Stylo inscript, lat., p. 325.) spir:tvs tvvs bene requiescat in deo.

{E/iilaph. du fils d''Analolius, citée plus loin.)

anima . INNOX .

cesqvas. bene. in. pace.

(Epit. de Jutius, du cirnet. de Sainte-Cyriaque* Buonarotti , Osserv. sop. alcuni. Framnienti, etc., p. 166.)

La formule par laquelle on prie Dieu de se souvenir d'une âme fait encore partie aujourd'hui de la liturgie pour les morts. Le style lapidaire des premiers siècles l'avait aussi adoptée peur les épitaphes ;

Aiirclien

Paphlagon

serviteur de Dieu fidèle,

il dort en paix ;

que Dieu se souvienne

de lui dans les siècles *

Notre liturgie funèbre demande aussi que l'âme soit reçue- dans le sein du Christ. Confrontez avec celte formule les épilaphes suivantes :

Que Gandentia soit reçue dans la paix 3.

» AÏPAIAIÂNOZ

IlA<nAArON 0E

OY AOYAOi; niSTOG

H KO1MH0H EN EIPH

NH MISECQH AÏTOY G

0EOG IG TOY AIONAC.

(E tœmet. Callist.) - Susdpiat te Christus qui vor.avii. te.

' GAVDENTIA SVSCIPEATVR IN PAGE.

(Fabretti, Inscript. Domestic, c. viii, p. 570.) Il est probable que ces mots : te in page, assez souvent répétés dans les plus anciennes inscriptions, étaient la fin d'une formule liturgique : Deus ou Christus susdpiat te inpace, qu'on n'écrivait pas tout entière, parce que les formules de la liturgie étaient placées sous la discipline du secret. « Verba « (haec) satis fi'equentia in cbiistianis antiquissimorum cœme- « teriorum inscriptionibus, liturgica procul dubio sunt, et ad « arcani disciplinam servandam sine reliquis apposita. » (Lupi, de Epitaph. Severœ, p. 174.)

Le sens précis de cette locution est déterminé de la manière la plus claire dans cette autre inscription :

A Luciféra ma très-douce épouse, ayant

laissé toute douceur (de souvenir) et les pleurs

surtout à son mari, elle a mérité cette

inscription, afin que quiconque des frères l'aura lue,

prie Dieu pour qu'elle soit reçue près de Dieu avec un esprit

saint et innocent 1.

L'inscription suivante n'est pas déprécative, mais narrative : elle nous parle des prières qui avaient été faites en plaçant le corps dans la tombe :

Stratonice néophyte est sortie du siècle;

je l'ai déposée dans le lieu des martyres , ayant prié

pour sa paix 2.

Cette pierre sépulcrale a été trouvée dans les catacombes de Saint-Saturnin, tout près de la tombe de Sévère, dont l'épitaphe appartient à l'année 268 ou 2G9.

En relisant les anciennes inscriptions chrétiennes, je me suis quelquefois surpris prêt à tomber dans une distraction qui ne me paraîtrait pas singulière :

I LVCIFEIÎK COIVGI DVLCtSSIME OMNEM

DVLCITVDINEM CVM LVCTVM MAXIME

MARITO RELIQVISSET MERVIT TITVLVM

INSCRTBI VT QVrSQVIS DE FRATRIBVS LFGERIT ROGET DEV.

YT SANCTO ET INNOCENTI ESPIRITO AD DEVM SVSCIPIATVR.

(Lupi, Epit. Severœ, p. 167.)

' STRATONICE NEOPHITA EXIVIT E SAECULO...

ET DEPOSVI EAM IN MARTYRIO PRECATVS CVM PACE.

{In Vestib. ecdes. S. Mariœ tram Tiberim. — Voir Lupi, de Epitaph. Severœ, p. 34.)

j'oubliais que j'avais sous les yeux des monuments sur lesquels tant de siècles ont passé. Nos cœurs touchent, par leurs croyances, les cœurs qui ont dicté ces épitaphes : la distance des temps disparait dans cette contiguïté des âmes, on se sent contemporain par identité. Le présent respire dans la voix de ces tombes : il n'y a du passé que dans leurs vieilles pierres.

Elles sont d'éloquents controversistes pour faire réfléchir ceux des Protestants qui croient encore que la doctrine catholique sur le dogme dont il s'agit est opposée à la foi des premiers siècles. Placez une de ces pierres sépulcrales dans nos cimetières modernes, elle n'y fera aucun contraste, elle y sera à son aise et dans une parfaite harmonie avec les épitaphes environnantes. Transportez-la dans un cimetière protestant, quelque docteur du lieu aurait beau imaginer des subtilités pour faire tolérer cette intrusion, le sentiment général de la population crierait au Papisme. Il y a quelques années, on a intenté un procès en Angleterre aune pauvre femme de l'île de Wight, parce qu'elle avait fait tracer sur une tombe qui lui était chère ces paroles du livre des Machahées : « C'est une sainte et salutaire pensée de « prier pour les morts, afin qu'ils soient délivrés de « leurs péchés ^ » Le juge ecclésiastique, sir Herbert, plus tolérant que les accusateurs, répugnait à faire effacer à coups de ciseau cette pieuse épitaphe: il se tira d'affaires en habile homme. Mais le bon sens public ne s'en obstina pas moins à ne pas

1 II Maccab., xii, -If).

comprendre qu'on doive prier pour que les morts soient purgés de toute souillure, s'il n'y a pas de Purgatoire. Sous ce rapport, eu particulier, les sépultures protestantes ont rompu les liens di". parenté avec les tombeaux qui entourent le berceau du Christianisme. Supposons qu'un Anglais se soit procuré, pendant son séjour à Rome, la pierre sépulcrale, par exemple, de cette Lncifera dont nous avons cité tout à l'heure l'épitaphe : de retour daus son pays, il veut la faire placer sur la tombe de sa femme : lui fera-t-on aussi un procès ? On serait couséquent en cela ; mais je voudrais bien savoir si quelque chancellerie ecclésiastique aurait la franchise de décider qu'un cimetière de l'Eglise établir par la loi ne doit pas supporter ce fragment d'un cimetière des vieux martys.

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