ÎJOXL'MEXTS ET' USAGES PARTICULIEREMENT RELATIFS A LA VIE PIEUSE
Si la ville qui est le centre du Christianisme se distingue par ses monuments dogmatiques, elle doit aussi offrir quelques traits distinctifs dans les choses extérieures qui correspondent aux sentiments que la foi inspire et développe. La vie spirituelle se compose de la piété envers ce qui est saint, et de la charité envers ce qui est souffrant. Nous considérerons successivement quelques-uns des rapports de Rome monumentale avec l'un et l'autre de ces deux ordres de sentiments.
La plupart des raisons pour lesquelles le Catholicisme fait concourir les choses extérieures à l'entretien de la vie pieuse sont assez connues. Mais il en est une moins vulgaire que je veux signaler ici, parce qu'elle me fournit tout naturellement la préface théorique de ce que j'ai à dire sur ce qui
forme la partie matérielle et comme l'organisme de la piété.
Cette raison est fondée sur la correspondance qui unit entre eux les trois genres de vie dont se compose l'existence de l'homme. Il y a la vie animale, la vie civile, la vie religieuse. Que fait la vie civile ? Elle s'empare des éléments de la vie animale, pour leur imprimer son cachet propre. L'homme mange, elle lui fournit le banquet, hen de la famille et de la société. L'homme est organisé pour produire des sons, elle en fait le chant. Il a besoin de vêtements, elle en fait le costume. Il a besoin d'abri, elle élève l'opération de la bâtisse à l'art de l'architecture. Passez en revue les objets et les instincts de la vie animale : vous verrez que la vie civile a trouvé moyen de les coordonner presque tous à quelque chose de supérieur à leur but propre, elle les rapporte à un but social. Que fait à son tour la vie religieuse ? Elle prend les sentiments et les usages qui appartiennent à la vie civile pour les appliquer à des objets sacrés. L'homme plus ou moins civilisé attache du prix aux cendres des héros : elle lui donne les rehques. Il aime les portraits de famille : elle lui donne les images. Il aime les décorations de l'architecture : elle lui donne des temples splendides. Il aime les réjouissances pubhques, les marches triomphales : elle lui donne Jes processions. Il aime les réunions solennelles composées d'hommes de différentes nations : elle lui donne les jubilés, et ainsi de suite. Elle fait, en un mot, pour la vie civile, ce que celle-ci fait pour la vie animale. La vie civile socialise les éléments de la vie
animale, la vie religieuse spiritualise les éléments de la vie civile. Elle construit un monde dans lequel la plupart des instincts, auquel chacun des deux genres de vie inférieurs correspond, trouvent aussi à se satisfaire dans l'ordre supérieur. Par là, l'homme, soulevé de terre, est emporté tout entier dans la sphère religieuse, et, pour me servir d'une expression que Bossuet a employée sur un autre sujet, la piété va, pour ainsi dire, avec la nature.
Tel est le point de vue dans lequel je me place, pour rapporter à des idées générales les éléments matériels de la piété catholique. Mais j'aurais à décrire des choses trop connues, si je considérais ce que Rome a de commun avec les autres villes de la chrétienté. Je me renfermerai dans ce qu'elle offre de spécial et de caractéristique.
Dans toutes les sociétés civihsées ou barbares le sentiment d'intérêt, presque toujours respectueux, qui s'attache à la mémoire de leurs fondateurs, s'étendrait, s'il y avait lieu, jusqu'aux objets les plus grossiers qui auraient été à leur usage personnel. La francisque, la chaussure de Clovis auraient une place privilégiée dans le trésor de nos antiquités nationales. Si l'on avait conservé en quelque coin du globe un morceau de pierre qu'on saurait avoir existé au moment et à l'endroit où Adam a été créé, les plus beaux raisonnements ne nous empêcheraient pas de le toucher avec respect. A celui qui nous dirait que cette pierre n'est pourtant qu'une pierre, nous répondrions qu'il faut avoir l'âme pétrifiée pour n y sentir que cela. Le poteau de bois de la première hutte que les ancêtres du genre humain se sont
Lâtie, aux jours de leurs tribulations, dans le désert du monde, serait plus éloquent que beaucoup de discours pour remuer en nous le sentiment de la fraternité humaine. Cet instinct, qu'on pourrait appeler l'instinct des origines, est d'autant plus moral, que les origines sont plus augustes. N'est-il pas à désirer qu'il puisse se satisfaire aussi dans le domaine de la piété? Le Christ est l'Adam céleste, le Père de l'humanité régénérée. Le tombeau d'Adam est ignoré, celui de Jésus-Christ subsiste. Le récit de l'ensevelissement et de la résurrection du Sauveur ne feraitil pas sur vous une impression plus vive, si vous le lisiez dans la grotte sépulcrale de Jérusalem? Le dogme de l'Incarnation, base du Christianisme, rayonne jusque dans les choses qui ont formé, pour ainsi dire, l'enveloppe matérielle de l'existence du Christ sur la terre. Si, par la notion du Verbe, ce dogme porte notre intelligence dans la région des vérités universelles et absolues, il ramène incessamment notre âme au sentiment de ce qui est individuel et relatif, par le fait même de l'individualité de l'Homme-Dieu, qui a touché sur tous les points l'entourage de la vie terrestre. Le caractère propre de l'individualité est de faire reporter sur les objets qu'elle s'est appropriés, et qui demeurent après elle, quelque chose des sentiments qui se rapportent à elle-même. Expliquez, sans cela, pourquoi, après la mort de votre mère, son livre de prières devient pour vous autre chose qu'un livre? pourquoi tout homme étranger à ce genre de sentiments vous paraît avoir le cœur mal fait? La puissance de sentir, que Dieu a donnée à l'homme, ne se dépouille pas
de sa nature en se transportant dans l'ordre des choses divines : elle ne varie pas, elle monte. S'il y a dans ce monde quelques choses que le Verbe fait chair a consacrées par son contact, par ses larmes, par son sang, elles forment ce qu'il peut y avoir de plus auguste dans le trésor matériel de la piété. Dieu a permis que plusieurs de ces choses se perdissent. C'est pour nous avertir, ce semble, que, toutes vénérables qu'elles sont, il ne faut pas y tenir comme si elles étaient nécessaires, et que tout ce qui est du temps est poussière, puisque la mort y atteint ce qui mériterait le mjeux d'être impérissable. Plusieurs aussi se sont conservées pour que la collection des monuments sacrés, par lesquels le Catholicisme correspond de tant de manières aux instincts pieux de l'âme, ne fût pas privée de son complément le plus élevé et le plus saint. Diverses parties de l'héritage de Bethléem, de Nazareth et du Calvaire, sont disséminées dans le monde chrétien. Mais Rome est plus riche en ce genre que toute autre ville. Elle nous montre la crèche, l'escalier du prétoire de Pilate, dont Jésus a monté les degrés, la colonne ou un fragment de la colonne à laquelle il a été attaché, des portions de la vraie croix, une partie de l'inscription que Pilate y a fait apposer, un des clous, quelques épines de la couronne, la lance et le suaire. C'est une belle cérémonie que la procession de la crèche à Sainte-Marie Majeure, dans la nuit de Noël. Rien de plus imposant que l'ostension des reliques de la Passion, du haut d'une tribune intérieure de Saint-Pierre, le soir du Vendredi Saint. L'autel est dépouillé, l'illumination perpétuelle du tombeau de
saint Pierre est éteinte, tous les chants se sont tus, et sa brillante basilique, devenue muette et sombre, semble prendre les formes d'un sépulcre immense. Il y a aussi, ce jour-là, une ostension du même genre dans la basilique de Sainte-Croix, si pieuse et si recueillie. Beaucoup d'étrangers choisissent un autre jour pour visiter cette église, ainsi que l'escalier saint près de Latran et la colonne à Sainte- Praxède. Ces sanctuaires sont situés loin du lieu où va la foule : les cérémonies du Vatican attirent et retiennent. Mais lorsque, après quelque temps dfe séjour, vous n'êtes plus subjugué par un empressement exclusif pour elles, et que vous vous réservez des heures libres et tranquilles pour aller vénérer successivement les monuments du grand sacrifice, votre Semaine-Sainte de Rome se passe dans Jérusalem au temps de la Passion.
Plus d'un lecteur voudra sans doute m'interrompre ici, en me demandant si l'authenticité de ces reliques est appuyée sur des garanties solides. Je vous ferais volontiers à cette question une longue réponse. Mais, comme j'écris particulièrement ce chapitre pour l'édification des catholiques pieux, je regretterais de leur faire traverser, en ce moment, une série de petites dissertations critiques. Toutefois, ces pages pouvant être parcourues par quelque autre classe de lecteurs, il me paraît à propos d'attaquer en passant, par quelque endroit du moins, leurs préventions sur ce sujet. J'en dirai assez, ce me semble, pour leur faire entrevoir que la facilité avec laquelle ils taxent de crédulité cette croyance, n'est elle-même que la crédulité retournée, la crédu-
lité à l'envers. Je prendrai pour exemple les reliques insignes déposées dans l'église de Sainte- Croix, après avoir été trouvées à Jérusalem vers l'année 326*.
Il y eut à cette époque un empressement général des chrétiens à profiter de la paix et de la liberté enfin accordées à l'Eglise, pour décorer mieux qu'ils n'avaient pu le faire précédemment les sépultures des martyrs. Mais, tandis que de belles basiliques s'élevaient sur ces tombes, des reliques plus augustes restaient enfouies dans une grotte du Calvaire. On savait qu'il avait été d'usage chez les Juifs d'enterrer avec les condamnés les instruments de leur supplice. La malédiction que la loi avait prononcée, particulièrement contre ceux qui avaient été crucifiés^, était étendue à tout ce qu'ils étaient censés avoir souillé par leur contact dans leurs derniers moments. L'usage dont nous parlons a été relaté
1 Quoique l'ouvrage de Gorrieris, de Sessorianis reliquiis, soit le plus complet qui existe sur cette matière, il est utile de recourir aux écrits antérieurs, qui lui ont fourni un fonds d'observations très-importantes. Nous en avons consulté un certain nombre, notamment Bosio, Croce trioufatite; Gretzer,rfe Cruce; Niquet, de Titido Crucis; Georgius Altraanius, de Inscript. Cn«cis ; Vossius, Harmon. EvangeL; Sandinius, Hist. FamU. sacr.; Resutius, Basdic. di Santa Croce; Honoré de Sainte-]\Iarie, des Règles et de Cusage de la Critique, etc. De nos jours, M. l'abbé Gosselin a publié uns savante Dissertation sur la sainte Couronne et les autres instruments de la Passion.
2 INIaledictus a Deo est qui pendet in ligno. (Deuter., c. xxi, T. 23A
par les rabbins ^ Cette coutume, dictée par un sentiment bien différent de celui qui engagea Joseph d'Arimathie à se charger de la sôpulture du Christ, se trouvait néanmoins d'accord avec sa piété : elle lui fournissait le moyen de mettre ces reliques en lieu sûr, à l'abri de toute profanation. Il n'était, d'ailleurs, disciple de Jésus qu'en secret par crainte des Juifs : ce motif aurait suffi pour qu'il observât exactement l'usage national. Nous voyons, par le récit même de l'Evangile, que la sépulture eut lieu conformément au rit judaïque ^.
Il y avait donc toute raison de croire qu'on devait retrouver dans l'endroit où le corps de Jésus avait été déposé plusieurs instruments de la Passion. L'impératrice Hélène, mère de Constantin, qui s'était rendue à Jérusalem vers l'an ,S26, entreprit de découvrir la sainte grotte : ce qui présentait quelque difficulté, car la place de l'ouverture, qui en avait formé l'entrée, n'était plus connue d'une manière tout à fait précise. Il n'en aurait pas été ainsi assurément si les chrétiens, pendant les siècles précédents, avaient visité habituellement le souterrain sacré. Mais ils n'avaient point eu cette liberté. Dès le temps de l'empereur Adrien, dans la première moitié du u^ siècle , les païens avaient érigé une statue de Vénus à l'endroit du crucifiement, et un monument en l'honneur de Jupiter près du heu de la résurrection 3. Les fidèles n'auraient
* Solemne erat patibulum una cum corpore defuncti sepulturse tradere. (Habac. Sanhedr., in cap. xv.)
2 Sicut nios est Judeels sepelire. (Evang. S. Joan., xix, 40.)
3 Ab Adriani temporibus usque ad imperiura Constantiui,
pu s'y agenouiller en prières sans paraître honorer les idoles, ni s'y abstenir des démonstrations religieuses usitées chez les païens sans se faire reconnaître et punir comme contempteurs des dieux. A partir de cette époque, ils avaient donc cessé, à leur grand regret, de fréquenter le Golgotha profané. Les changements survenus dans l'état des lieux avaient contribué à obscurcir, à quelque degré, les traditions locales. Soit que les païens eussent fermé à dessein l'entrée de la grotte, soit que cette partie du terrain qui avait été le jardin de Joseph d'Arimathie se fût exhaussée avec le temps, il est de fait qu'au IV® siècle des excavations étaient nécessaires pour retrouver le Saint-Sépulcre. Toutefois, les monuments païens, dont nous venons de parler, pouvaient indiquer approximativement la place. L'impératrice Hélène avait, d'ailleurs, interrogé les souvenirs qui avaient dû se conserver parmi les Juifs et les chrétiens de la Judée*. Pourquoi n'ajouterions-nous pas que, si le génie a ses illumina-
per annos circiter centum octoginta, in loco Resurrectionis simnlacrum Jovis; in Grucis rupe statua ex marmore Veneris a gentibus posita colebatur : existimantibus persecutionis auctoribus, quodtollerent nobisfidem resurrectionis et crucis, si loca sancta per idola polluissent. (Hieronym,, Epist. lviii (alias xiii) ad Paulin., n. 3.)
1 De christianis doctrina et sanctitate plenos viros, sed e* de Judœis peritissimos, ut propriae, qua miseri et gloriantur impietatis indices, exquisivit, et accitos in Hierosolymam congregavit. Tum omnium una de loco testificationis confir mata, jussit illico urgente sine dubio conceptse revelationis instinctu in ipsum locum operara fossionis acciiigi. (S, Paulin, Ep. XXXI (alias xi) ad Sever.)
lions soudaines dans certains moments, la piété ardente a aussi ses inspii-ations ?
On se mit donc à l'œuvre. Une troupe de soldats et d'habitants se réunit sur le Calvaire pour travailler aux fouilles ^ et la cité sainte fut dans l'attente d'un grand événement. Il y avait quelque chose de bien solennel dans cette espèce de résurrection de la Croix, qui, après être restée ensevelie dans un souterrain pendant tout le temps où l'Eglise s'était cachée dans les Catacombes, allait vraisemblablement sortir de son tombeau au moment où ses images commençaient à briller sur le fronton des basiliques. J'aime à me figurer le spectacle qu'offrit alors l'ancien jardin de Joseph d'Arimathie : les chrétiens accourus en foule, palpitants d'émotion; quelques figures juives à l'écart, suivant de loin, d'un regard sombre, les travaux des fossoyeurs, et près d'eux, sur un tertre, l'impératrice Hélène en cheveux blancs. Chaque coup de pioche retentissait dans le cœur des fidèles, chaque éboulement de terrain amenait une espérance. Enfin arriva le coup heureux : une ouverture se montra, le passage fut déblayé, et, après qu'on y eut pénétré avec des lumières, le tombeau suprême apparut. D'un côté de la gTotte, sur la droite, le sépulcre proprement dit ; d'un autre côté, des reliques de la Passion. Le récit de cette découverte est trop connu pour que je le répète. Les incrédules, qui rejettent toute espèce de miracle, ne sauraient en admettre ici. Mais je ne
* Admota militari manu atque omnium provincialium mullitudine. (Sulpit. Sever., Ilisloria Sacra, lib. II, c. xxxi.)
comprends guère que des Protestants, ceux du moins qui croient aux choses surnaturelles, rejettent comme impossible toute intervention de la Divinité dans cette circonstance. Si, comme la Bible l'atteste, des linges touchés par saint Paul ont eu la vertu de rendre la santé aux malades*, je ne vois pas pourquoi l'on refuserait systématiquement, malgré de nombreux témoignages historiques, toute créance à un bienfait miraculeux, destiné à faire reconnaître la Croix teinte du sang- qui a sauvé le monde. Ils doivent convenir du moins que sainte Hélène et l'Eglise de Jérusalem n'ont pas choisi une des trois croix au hasard. Leur piété aurait cru commettre un abominable sacrilège, en s'exposant au risque de vénérer comme l'instrument du salut le gibet d'un des hommes qui avaient été crucifiés en même temps que le Sauveur. On a pu aussi avoir des indices rassurants, fournis par la position respective des objets et par quelque autre circonstance que l'histoire a omis de noter. Suivant saint Ambroise"^ et saint Chrysostome^, l'écriteau a servi à faire le discernement*.
L'histoire nous apprend, en effet, qu'outre la
* Act. des Apôt., xix, 12.
2 Invenit quia in medio patibulo praelatus titulus erat : Jésus Nazarenus Rex Judaeorum. (Sanctus Ambrosius, in Oralione de Obilii Theodos., n. 45.)
3 Honiil. 84, alias 85, in Joan. (n. 1).
4 Celte opinion n'est pas inconciliable avec le texte dj Sozomône d'après lequel Técriteau a été trouvé séparément. Il pouvait, tout en éi&ni sépare ou détaché de la croix, être place tout à côté d'elle, et lui rester en quelque sorte adhérent pai' ea position.
Croix et les Clous, cet Ecriteau a été recueilli par sainte Hélène. Les particularités que Sozomène a notées à ce sujet doivent être remarquées. « On « trouva, dit-il, séparément un autre morceau de « bois, sur le côté blanc duquel ceci était écrit en « mots et en caractères hébraïques, grecs et la- « tins : Jésns, Nazaréen, roi des Jaifs^. » Suivant les usages des Romains, les écriteaux qui figuraient dans les supplices - pour notifi-er le nom du patient et le motif de sa condamnation, étaient ordinairement de bois, comme l'indique leur nom tabula, tabella^. La première particularité signalée par Sozomène cadre avec cet usage. Il indique en outre que le côté sur lequel se trouvait l'inscription était blanc. On sait aussi que cette couleur était employée pour les écriteaux qui promulguaient les actes de l'autorité publique'*. Les lettres devaient être coloriées de
1 Kal y.wçt; àXXo ^ûXcv èv zd^îi Xs'jxwu.arc; pr'u.aai x*l -j':à;j|<.aoiv 'Eêsatx.cT;, 'E>.>.r,vixcï; te x.y.i 'Pwf/.a'.y.ct;, Ta â'r/XoùvToi* 'Ir.cicù; ô NaÇoifaîo;, ô Baoï/sù; tûv 'IcuS'aîtdv.
(Sozomène, IJtst. EccL, lib. II, c. i,)
2 Servum... carnifici ti'adidit ut... prsecedente titulo, qui causam pœna3 indicaret, per cœtus epulantium circumduceretui\ (Sueton., in Caligul., c. xxxii.) — Patremfamilias... detractum e spectaculis in arenam, canibus objecit, cum hoc titulo: Impie locutus pai-mularius. (Idem, in Domitian., n. 10. — Voyez aussi Dion., lib. LIV.)
3 Gircumactus (Attalus) per amphitheatrum tabula ipsum prseeunte in qua latine scriptum : Hic est Attalus christianus. (Euseb., Hist. Eccles. ,lih. V, c. i.) — Iratus proconsul decretum ex tabella recitavit : Gyprianum gladio animadverti pla cet. (Act. S. Cyprian.)
^ Tabellae erant ligneae dealbatse gypso vel cerussa... Album nujusmodi tabula latin is dicitur. Unde album prœtoris. Om-
manière à ressortir sur le blanc. Elles étaient généralement peintes en rouge. Le vermillon, que l'on préférait dans les inscriptions et dans les écritures, même privées, surtout pour embellir les titres*, était la couleur officielle^. C'est pour cette raison peut-être que Sozomène a négligé de faire une mention spéciale de cette particularité généralement connue : ce qu'il avait dit de V album, ou du côté blanc de l'écriteau, la supposait. Quoi qu'il en soit, cette remarque sur la couleur des lettres trouvera plus bas son application.
Le monde chrétien, occupé à recueillir pieusement les objets qui avaient servi au supplice des martyrs, apprit avec une émotion profonde qu'on venait de découM'ir les instruments de la Passion du Sauveur. On pouvait désirer que ces reliques fussent partagées entre trois villes : Jérusalem, qui les avait conservées ; Rome, qui était le centre du
nés tabellfe, libelli, tituli in publico proponendi aut afligendi ita erant dealLati et scripti. (Salmazius, de Modo usuvarum,