PRÉFACE. XI
instruites, la connaissance et le sentiment de Rome chrétienne. Il est à croire qu'après avoir détruit, comme nous l'avons déjà vu, par la plume même d'écrivains protestants, tant d'erreurs qui calomniaient l'histoire de l'Église, la science renouvelée sera conduite à réunir une foule de ses rayons sur la ville même qui est comme le pivot sur lequel tourne cette histoire : on voudra la comprendre à fond, pour mieux comprendre tant de choses dont elle est le centre. L'intérêt avec lequel nous étudions les vieilles cathédrales de nos diocèses, devra s'appliquer, dans de plus grandes proportions et avec un attrait plus fort, au monument commun de la chrétienté, formé avec des pierres de tous les siècles et des souvenirs de toutes les nations. Nous le contemplerons, non plus avec l'enthousiasme naïf du moyen âge, mais avec une admiration réfléchie, pleine de philosophie et de piété. Lorsqu'un des livres auxquels il est réservé de produire cet effet aura paru, le mien, en supposant qu'il ait par hasard rencontré quelque lecteur jusqu'alors, descendra entièrement dans l'oubli, comme étant trop au-dessous des bonnes choses que l'on possédera, et je désire de tout mon cœur qu'il finisse bientôt ainsi. Il n'y a pas de meilleure sépulture pour un livre chrétien que d'être enseveli dans le bien survenu depuis son apparition.
Je ne sais pas si celui-ci aura fait lui-même un