BENE. M. Q VIXIT AN XLVII
DIVAL. PETRONIV; MAT.
DVLC. IN PACE.
pour compenser le peu d'éclat de ce fragment lapidaire, le nom de Pudens, qu'il rappelle, se trouve très-heureusement rattaché à un des monuments les plus apparents et les plus célèbres, quoiqu'on oublie souvent de remarquer cette liaison : c'est la colonne Trajane, surmontée de la statue de saint Pierre. La place où elle est toujours restée debout n'est pas loin du mont Viminal, au pied duquel est située l'église, autrefois la maison de Pudens, la résidence de l'apôtre. Cette proximité est une des raisons qui ont déterminé Sixte-Quint à choisir cette colonne pour la donner à saint Pierre, comme il a donné la colonne Antonine à saint Paul, pour une raison du même genre, ainsi que nous l'avons remarqué précédemment. De cette manière, le plus triomphal des monuments de l'ancienne Rome s'est trouvé chargé de rappeler le souvenir de la première famille de Rome chrétienne.
Or Pudens, sa femme, ses enfants avaient leur caveau de famille dans les catacombes de Priscille sur la voie Salare. L'usage, adopté par eux, de faire porter dans ce cimetière les corps des martyrs qu'ils avaient recueillis, serait déjà un indice presque suffisant : mais on a en outre des renseignements plus directs, suivant lesquels plusieurs membres de cette famille furent inhumés, l'un à côté de l'autre, dans ces catacombes1. Ce qui a fait dire à Roldetti :
1 Cujus (Pudentianae) corpus... posuerunt juxta patrem suum in cœmeterio Priscillfe via Salaria quarto decimo kalendas januarias... — Praxedes migravit ad Dominum virgo sacrata duodecimo kalendas augusti. Cujus corpus ego pastor
« Il est manifeste que Priscille ou Pudens s'y était « réservé une place particulière pour eux, leurs vt enfants et petits-enfants *. » Il est bien à regretter qu'à l'époque de la translation de leurs reliques dans l'intérieur de Rome, qui a eu lieu au vme siècle, on n'ait pas marqué, par une inscription, ou du moins dans quelque document historique, l'endroit précis qu'occupait cette sépulture de famille dans le labyrinthe de ces catacombes. Cette indication fournirait peut-être des éclaircissements sur quelquesunes des orantes, ou femme en prière, peintes dans les diverses grottes, qui étaient des parties ou des dépendances de ce vaste souterrain. Il est vraisemblable que sainte Priscille y est représentée. D'Agincourt signale à notre attention une de ces figures, qui est en effet très-remarquable. Son riche costume contraste avec l'habillement simple de la plupart des orantes. Il y en a qui se distinguent déjà par quelques ornements : mais celle-ci est en première ligne. Son étole, garnie d'une frange en festons, est parsemée, de haut en bas, de grains qui paraissent être des pierreries ou des perles. Son collier est à triple rang : les perles sont petites dans le premier, alternativement petites et grosses dans celui du milieu, et grosses dans le dernier : ses pendantsd'oreilles,formésaussi d'une matière précieuse,
presbyter sepelivi juxta patrem suum in cœmeterio Priscillre via Salaria. (Act. S. Pudentian. et S. Praxed.)
i E manifeste» che nel cimitero o délia prima fondatrice o da S. Pudente si fosse riserbata una parte o ramo di esso per se, e per li suoi figliuoli e nipoti. (Osserv. sop. cimit., lib. I,